Les rémunérations renouent avec les sommets à Wall Street
Retour à la «normale». L’an dernier, les grands noms de Wall Street ont de nouveau ouvert les vannes des rémunérations. C’est le constat qui ressort d’une étude menée par le Wall Street Journal (WSJ) auprès de 25 établissements cotés de la place (banques, maisons de courtage, sociétés de conseil en investissement). Le total des sommes distribuées (salaires et bonus) a atteint le record de 135 milliards de dollars (98 milliards d’euros), soit un gain de 5,7% par rapport à 2009. Chez Bank of America, par exemple, l’enveloppe globale a augmenté de 11% à 35,1 milliards de dollars.
Des largesses qui s’expliquent par un rebond du chiffre d’affaires des sociétés présentes dans le panel, à 417 milliards de dollars (+1%), ainsi que par des recrutements en prévision d’une amélioration des conditions de marché. Le ratio de rémunération (chiffre d’affaires/rémunération) ressort donc à 32,5%, en hausse de 1,4 point de pourcentage comparé à 2009. Toujours selon les calculs du WSJ, la rémunération moyenne par employé s'établit à 141.000 dollars, un chiffre qui varie fortement d’une société à l’autre.
Les hauts dirigeants, les plus exposés, ont bénéficié du retour à meilleure fortune. Chez Citigroup, le salaire de base annuel du PDG Vikram Pandit est passé du dollar symbolique à 1,75 million de dollars. Chez Bank of America, le patron Brian Moynihan a vu sa rémunération globale grimper de 67%. Quant à celui de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, son salaire a plus que triplé (de 600.000 à 2 millions de dollars) et la part du bonus en titres a bondi de 42% pour atteindre 12,6 millions de dollars.
Même si les établissements ont renoué avec leurs vieilles habitudes, ils ont été contraints de prendre en compte les nouvelles exigences formulées par les régulateurs. Ainsi, en 2010, la rémunération différée a représenté jusqu'à la moitié du total, contre un tiers précédemment, d’après les estimations de la société de conseil Johnson Associates (lire aussi l’Agefi du 2 février).
Les actionnaires s’attendent également à jouer un rôle de modérateur. La loi Dodd-Frank sur la réforme financière leur a en effet confié le mandat du «say-on-pay». Ils pourront désormais se prononcer, au moins une fois tous les trois ans, sur la rémunération des dirigeants des entreprises cotées. Les sociétés devront également fournir des informations précises sur les «parachutes dorés» lors des opérations de fusion.
Plus d'articles du même thème
-
Le risque politique sur la tech tétanise Wall Street
Les actions américaines, notamment liées à l’IA, ont légèrement rebondi vendredi mais après une des pires chutes des valeurs technologiques la veille. Les investisseurs se veulent prudents malgré la baisse des valorisations. Les risques sont encore trop élevés. -
« La hausse des bénéfices du S&P 500 devrait surtout compenser des valorisations exigeantes »
François Dossou, directeur de la Gestion Actions Listed Assets chez Sienna. -
Le secteur aérien européen sera contraint de relever à nouveau ses tarifs
La hausse attendue des factures de carburant en 2027 ne pourra être intégralement compensée par de nouvelles économies de coûts.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
EditorialProgramme de Jean-Luc Mélenchon : on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas
Après la publication de son programme et son meeting du Bourget, nous savons exactement ce qui nous attend si le candidat insoumis est élu président de la République -
AffichageProposition d'adoption d'une règle d'or en urgence : le coup de com' de Bardella
Le président du parti à la flamme réclame au gouvernement un projet de loi constitutionnelle pour adopter une règle d’or budgétaire. Objectif affiché : « avoir, dans un délai de quelques semaines, un cadre clair pour faire aboutir le budget 2027 » -
Toujours rouge« La force va à la force » : au Bourget, le recentrage de Jean-Luc Mélenchon n’a pas eu lieu
On avait été habitué, à l'approche d'une élection, à ce que Jean-Luc Mélenchon troque son discours provocateur pour un ton plus rassembleur. Au Bourget, samedi, il a au contraire brandi la radicalité comme sa principale force. Un pari risqué face à un rejet toujours massif