Les régulateurs européens enjoignent les banques de contribuer aux indices de taux
Alors que Michel Barnier a présenté mercredi 18 septembre la première réglementation européenne des benchmarks de marché, les régulateurs mettent la pression sur les banques pour assurer la viabilité et la fiabilité des indices de taux existants. Depuis le scandale du Libor de 2012, les contributeurs à l’Euribor ont chuté de 44 à 32, selon la Fédération bancaire européenne. Les caisses d’épargne allemandes se sont notamment retirées à cause des coûts de mise en conformité induits par la réforme de l’indice du début de l’année. La FBE estime que le seuil minimal de contributeurs se situe autour de trente banques. L’encours des contrats utilisant l’Euribor est de 250.000 milliards d’euros.
Cette demande de contributions émane conjointement de la Commission européenne, de la BCE, ainsi que des autorités européennes des marchés (Esma) et des banques (EBA). Elle fait écho au projet législatif présenté mercredi par le commissaire en charge des Services financiers, qui donne la possibilité aux autorités de marché de rendre les contributions obligatoires quand au moins 20% des panélistes se sont retirés d’un indice ou menacent de le faire. Cette règle, toutefois, n’entrerait au mieux en vigueur qu’en 2015.
Cette proposition, qui soumet les indices et benchmarks à la surveillance d’un collège de superviseurs (l’autorité de la juridiction où ils sont produits et celles des principaux contributeurs), privilégie l’utilisation de données de transactions. Mais elle autorise les données estimées.
Cependant, les banques travaillent actuellement avec la BCE pour créer des indices de taux alternatifs à l’Euribor et au Libor et basés uniquement sur des transactions réelles. Un premier test a eu lieu au printemps auquel ont participé 65 banques. Un deuxième sera réalisé mi-octobre en vue d’un lancement en 2014. De son côté, la FBE s’apprête par ailleurs à réduire le nombre des indices Euribor de 15 à 8 pour supprimer les moins fiables et les moins utilisés.
Le règlement présenté mercredi vise à assurer la «fiabilité» des indices par un régime d’enregistrement ainsi que de contrôle de la qualité des contributions et de la gestion des conflits d’intérêts entre utilisateurs et contributeurs. Il prévoit un régime plus souple pour les indices de matières premières qui ne seront soumis à déclaration que s’ils sont utilisés pour la valorisation d’un instrument financier.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed prépare une réunion monétaire incertaine
Entre les discours plus restrictifs de Kevin Warsh et les tensions en Iran, les marchés ont relevé à près de 40% la probabilité d’une hausse de taux ce mercredi à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed. Une telle hausse surprise, non téléguidée par le président de la banque centrale, serait une première en dehors des périodes de crise. -
Les incendies en Gironde illustrent l’écart entre pertes réelles et pertes assurées
Si les risques pour les particuliers ont concentré l’attention, les effets des incendies sur le tissu économique et touristique risquent d’être aussi lourds que durables pour la région. Les pertes réelles devraient largement dépasser les pertes assurées. -
LVMH renoue avec la croissance dans la mode et la maroquinerie
Les ventes de la principale division du géant du luxe ont retrouvé le chemin de la croissance organique au deuxième trimestre.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- La BCE suit la boussole des marchés
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
- BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Dans la courseA 100 jours des midterms américaines, la reconquête démocrate n'est pas gagnée
Porté par l’impopularité de Donald Trump et l’inquiétude autour du pouvoir d’achat, le Parti démocrate fait la course en tête dans les sondages. Mais entre désavantage financier, découpage électoral défavorable et divisions internes, la route vers la majorité au Congrès reste semée d’embûches -
Lance-flammesIncendies : pour Marine Tondelier, les « pyromanes » sont aussi au gouvernement
La leader des Ecologistes a appelé Emmanuel Macron à convoquer une réunion de crise en « format Saint-Denis », avec les chefs de parti et les présidents des groupes parlementaires -
PolycriseMégafeux : branle-bas de combat pour les entreprises
Face à la situation en Gironde, l’urgence économique s’installe, 13 000 entreprises étant coupées du monde et obligées de recourir au système D. L'Etat priorise l'énergie et la question des indemnisations