Les réductions de capacité en Europe profitent au zinc et à l’aluminium
L’évolution des cours des métaux de base reste fragile, après avoir dévissé entre 20% et 50% depuis leur plus haut de mars. Et le rebond du cuivre et du zinc cet été ne semble pas tenable dans un contexte de hausse du dollar, de resserrement monétaire et de ralentissement de la croissance mondiale. La crise de l’énergie, et l’envolée des prix de l’électricité en Europe, ainsi que les rationnements en Chine, pourraient toutefois changer la donne pour certains de ces métaux.
Les métaux les plus gourmands en électricité pour leur raffinage pourraient profiter d’un déséquilibre du marché alors que certains acteurs du secteur sont contraints d’arrêter des fonderies en raison du bond des prix de l’électricité. C’est le cas du zinc et de l’aluminium. Déjà fin 2021, alors que les prix de l’électricité avaient bondi une première fois, certaines fonderies avaient dû être mises à l’arrêt, et le sont restées pour certaines, la fabrication n’étant plus rentable. L’électricité représente désormais 80% des coûts de production
Fonderies à l’arrêt
Mardi, le groupe Nyrstar a annoncé la suspension de son site de production de Budel aux Pays-Bas à partir du 1er septembre. Le cours du zinc a bondi mardi de plus de 7% en séance, à un plus haut depuis juin de 3.819 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME), avant de baisser à 3.464,50 dollars jeudi, en hausse tout de même de plus de 20% depuis mi-juillet. Début août, le groupe minier Glencore avait déjà averti sur le risque que faisaient peser la fourniture et le prix de l’électricité au marché du zinc.
Les prix de l’électricité ont bondi ces derniers moisen Europe, dans le sillage des cours du gaz. Ils continuaient de progresser jeudi à 540 euros le mégawatt-heure en Allemagne et à 700 euros le MWh en France.
Le marché de l’aluminium connaît les mêmes tensions avec l’annonce mercredi de la fermeture du site de production de Norsk Hydro en Slovaquie, dont la production avait déjà été réduite à 60% en fin d’année dernière. La production d’aluminium de Norsk Hydro en Norvège devrait également être affectée par une grève prévue à partir du 22 août, avec une baisse de 20% de la capacité pendant quatre semaines. La production d’aluminium est actuellement au plus bas depuis des années. Aux difficultés en Europe s’ajoute la décision de réduire la production en Chine dans la province du Sichuan en raison de la vague de sécheresse qui provoque une pénurie d’électricité.
Déficit d’offre
Les analystes de Macquarie, cités par Reuters, estiment que 750.000 tonnes de capacités de production d’aluminium supplémentaires pourraient être suspendues en Europe d’ici à la fin de l’année et 150.000 tonnes pour le zinc, s’ajoutant aux 800.000 tonnes et 138.000 tonnes déjà à l’arrêt. De quoi aggraver le déficit d’offre sur des marchés déjà très déséquilibrés.
Le déficit serait déjà, selon Macquarie, de 800.000 tonnes sur un marché de l’aluminium de 70 millions de tonnes par an et de 200.000 tonnes de zinc pour un marché de 14 millions de tonnes annuelles. De quoi donner un nouveau souffle aux cours des deux métaux. Même si pour l’heure, les opérateurs sur les marchés des matières premières sont plus préoccupés par les risques de récession et donc de baisse de la demande mondiale alors que le dollar repart à la hausse, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle sur ces marchés.
Plus d'articles du même thème
-
Donald Trump cible le Canada avec de nouveaux droits de douane
La querelle reprend sous prétexte d’une discrimination exercée par le Canada contre les produits américains. En réalité, le président Donald Trump cible son voisin car c’est le seul pays avec la Chine à avoir riposté à la guerre commerciale qu’il mène contre le monde entier. -
Les récoltes de maïs français seront en fort recul cette année
La France subit une combinaison de facteurs climatiques et économiques qui auront pour conséquence une réduction importante de la production de maïs et une hausse probable des prix. -
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur du luxe amorce une reprise au deuxième trimestre
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
Contenu de nos partenaires
-
UltimatumMonique Barbut va présenter sa démission à Emmanuel Macron
La ministre de la Transition écologique a annoncé mardi soir, devant plusieurs médias dont l'Opinion, qu'elle présenterait sa démission au chef de l'Etat. En cause : le refus du gouvernement de revenir sur la réintroduction encadrée de l'acétamipride dans la loi agricole -
RemaniementSNCF : Jean Castex impose sa marque en remaniant la direction de SNCF Voyageurs
Le patron du groupe ferroviaire souhaite « impulser une nouvelle dynamique » chez sa filiale. En interne, Jean Castex défend une autre conception de la décentralisation des activités de sa filiale -
Bras de ferGuerre en Ukraine : les anciens contre les modernes
Le départ du ministre de la Défense Mikhaïlo Fedorov, en conflit sur des choix stratégiques avec le commandant en chef des armées Olexandr Syrsky, a provoqué des manifestations d’ampleur