Les projets de coopératives de financement sont à la peine en France
Mutualiser les forces pour se financer semblait la panacée pendant la crise, mais les choses ont changé. Le projet CFA (Corporate Funding Association), vient d’en faire l’expérience, alors qu’il devait permettre à un pool de grandes entreprises de se financer au sein d’une banque ad hoc de forme inédite. «La diversification des engagements en crédit aurait - en même temps que des mécanismes automatiques de révision des marges et d’augmentation de capital en cas de dégradation des risques - assuré la solidité de la banque», estime Philippe Rocca, l’un des concepteurs du projet. De même, l’établissement ne faisant pas de transformation, son risque de liquidité aurait été très faible.
Toutefois, le retour à la normale sur le crédit aidant, les grandes entreprises ont levé le pied. Sur les 23 participantes au départ, dont une moitié de françaises, à peine un quart ont répondu à l’appel de fonds d’environ 100.000 euros lancé à chacune et destiné à financer la mise au point finale de la plateforme, d’un coût de 1,7 million d’euros pour les douze prochains mois. «Faute d’enthousiasme d’un noyau suffisant de grandes entreprises, capables d’entraîner dans un premier temps leurs pairs, puis des entreprises moins grandes, CFA semble compromis alors même que le projet a suscité dès l’origine un intérêt général, et continue à recevoir de nombreux encouragements ... mais pas assez «concrets» », regrette François Schlumberger, ancien trésorier d’entreprise et l’un des co-animateurs du projet.
Côté entreprises moyennes, le projet Securit Ease de «groupement d’entreprises», labellisé par France Innovation et qui devait aboutir courant 2010, serait abandonné. Il visait à donner accès aux marchés obligataires à des entreprises mutualisant leurs besoins selon un schéma inspiré de la titrisation.
Cette technique est également à la base du projet Microfis, épaulé par Nyse Euronext et visant le financement d’actifs de microfinance. Prévu pour cette fin d’année, son lancement attend toujours les engagements d’actionnaires en nombre suffisant et ses contours ont été revus à cet effet. «Microfis était conçu à l’origine comme une solution de place pour les acteurs français qui en auraient été à la fois les actionnaires et les utilisateurs, indique Stéphane Rémus, l’un des fondateurs. Nous nous orientons plutôt à présent vers une composante internationale et une déconnection entre l’actionnariat et l’utilisation de la plateforme».
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