Les prix du transport maritime en vrac atteignent un sommet depuis 2010
L’indice Baltic Dry (BDI) sur le fret maritime a atteint 3.266 points le 5 mai, un plus haut depuis juin 2010 après être descendu sous les 400 points début 2020. Cette moyenne arithmétique des indices Baltic Capesize Index (BCI), Baltic Panamax Index (BPI), Baltic Supramax Index (BSI) et Baltic Handysize Index (BHSI), également publiés par le Baltic Exchange (Londres) permet de mesurer l’évolution des prix quotidiens du transport de marchandises sèches en vrac sur les 26 principales routes maritimes. «Ce marché du transport de vrac poursuit sa solide performance cette année, soutenue en partie par la forte demande du commerce des céréales, et par une demande en provenance des Etats-Unis», a déclaré Peter Sand, analyste de l’association d’armateurs BIMCO.
Certains ont évoqué des blocages dans des ports américains comme Los Angeles alors que l’économie repart. Mais la bonne santé du transport maritime est surtout liée aux commandes inédites de la Chine, notamment en minerais de fer (pour l’acier), en bauxite (pour l’aluminium) et en charbon, aux Etats-Unis au lieu de l’Australie pour ce dernier ce qui a augmenté les prix par tonne.
Les échanges entre pays asiatiques ont également pesé, notamment entre l’Inde et l’Indonésie, le Vietnam ou le Bengladesh. En plus des besoins en riz, ce dernier a lancé une grosse campagne d’infrastructures qui mobilise les compagnies maritimes indiennes pour le transport de matières premières. Une autre raison de la hausse de l’indice, alors que le commerce mondial s’est globalement stabilisé après la réouverture progressive des économies mi-2020, est liée aux faillites de plusieurs compagnies maritimes, ce qui a pu créer une pénurie de navires dans certaines régions et faire monter l’indice.
Si l’indice BDI peut encore parfois refléter des périodes où l’économie cale, comme en 2016 qui avait aussi été une année inédite en livraisons de navires, il reste loin des 11.400 points atteints de mai 2008 : le transport des matières premières en vrac avait été un bon indicateur de l’activité mondiale lors de la «construction» de pays émergents, mais, même en reflétant les plans de relance à court terme, il l’est désormais beaucoup moins pour les économistes que les données sur la production industrielle - le transport de biens finis en porte-conteneurs n’est pas mesuré par tel indice - ou sur les services. En revanche, un renouvellement de la flotte pour sa mise aux normes environnementales participera à une possible hausse des prix.
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