Les Pays-Bas ouvrent à leurs banques le marché des CoCos
L’effervescent marché de la dette hybride bancaire va encore s’élargir. Après des mois d’atermoiements, le gouvernement néerlandais a enfin ouvert les portes des «CoCos» à ses banques domestiques en clarifiant hier le traitement fiscal de ces titres, qui peuvent être convertis en capital ou effacés si une banque connaît une dégradation de sa solvabilité. Les coupons payés sur les obligations additional tier 1 (AT1) seront fiscalement déductibles. Les Pays-Bas s’alignent ainsi sur la politique adoptée par la France, l’Espagne ou tout récemment l’Allemagne, où Deutsche Bank a dans la foulée procédé à une émission record de CoCos fin mai.
Les établissements de crédit hollandais s’étaient émus récemment du retard pris par les autorités. «Il est dommage que les banques néerlandaises n’aient pas été capables de solliciter le marché, parce qu’il est très peu cher», regrettait Kies van Dijkhuisen, directeur financier d’ABN Amro, dans un entretien à Bloomberg. D’autant que le système bancaire des Pays-Bas va avoir besoin de cette nouvelle source de capital pour respecter ses objectifs de solvabilité. Le gouvernement souhaite notamment porter à 4% le ratio de levier minimum appliqué au secteur, contre un plancher de 3% dans les normes Bâle 3.
Rabobank est déjà présent sur le marché des obligations contingentes, mais à travers trois lignes émises en 2010 et 2011 et non compatibles avec les nouvelles règles de solvabilité. L’arrivée des néerlandais sur le marché des CoCos contribuera à faire passer ce dernier au-delà des 100 milliards d’euros d’encours. Sur 2014, les émissions d’AT1 et autres titres contingents par des banques européennes atteignent déjà 27 milliards d’euros, pour un encours de 81 milliards, pointait hier matin Alberto Gallo, stratégiste chez RBS.
Signe de l’appétit des investisseurs pour ces obligations à haut rendement, Credit Suisse a lancé hier l’émission de titres AT1 libellés en dollars. Mais cette course aux CoCos laisse craindre aux observateurs des lendemains qui déchantent. «Les investisseurs doivent être plus sélectifs, plaide Alberto Gallo. Les prix de marché ne prennent pas correctement en compte tous les risques. Nos enquêtes montrent aussi que les investisseurs s’attendent à une large correction lorsqu’un report de coupon ou une conversion en actions aura lieu».
Plus d'articles du même thème
-
La banque centrale chinoise établit un mécanisme de soutien de liquidité pour les gérants
Ce nouveau dispositif se veut un mécanisme de stabilisation du marché obligataire selon la People Bank of China. -
Aberdeen recrute une responsable des partenariats avec les consultants
Aberdeen Investments a nommé Becky Nichols responsable des partenariats avec les consultants, un poste nouvellement créé pour approfondir les relations avec les cabinets de consultants internationaux et spécialisés dans les actifs alternatifs. -
Principal AM nomme un chargé de la distribution pour l’Europe et les Etats-Unis
La société de gestion américaine Principal Asset Management a nommé JJ Wilczewski en qualité de responsable de la distribution pour l’Europe et les Etats-Unis. Il était précédemment directeur de la couverture clients dans les Amériques et responsable des relations avec les consultants au sein de DWS, où il a passé 12 ans. JJ Wilczewski a également travaillé chez Aon, Wilshire Associates et Van Kampen Investments.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
Simple, vraiment ?Le parcours semé d’embûches du droit européen des affaires
Les institutions européennes tentent de faciliter la vie des entreprises, mais la simplification est un exercice complexe -
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat