Les particuliers continuent d’animer les marchés actions
Le positionnement des investisseurs reste prudent. Toujours aussi actifs, les particuliers soutiennent la hausse du marché américain.
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Xavier Diaz
Les fonds actions ont collecté 8,6 milliards de dollars la semaine passée, avec une préférence pour les marchés américains.
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Les flux acheteurs continuent d’alimenter les marchés actions. Les fonds actions ont encore collecté, la semaine passée (au 15 octobre), 8,6 milliards de dollars, avec une préférence pour les marchés américains et les fonds globaux, selon les données EPFR. Et ce malgré les forces opposées qui tiraillent le marché, entre l’anticipation d’une large victoire de Joe Biden ouvrant rapidement la voie à un nouveau plan massif de relance aux Etats-Unis et la crainte d’une deuxième vague de contagion, notamment en Europe, avec un risque sur la reprise.
«La deuxième vague est là. Désormais les inconnues concernent son ampleur et sa durée. L’instauration des nouvelles restrictions révèleront leur capacité à entraver la propagation du virus sous deux semaines au mieux. Si elles se révélaient insuffisantes, l’avenir s’assombrirait avec la nécessité de recourir à des mesures plus restrictives, rendant plus prégnant le risque de confinement à plus large échelle. D’ores et déjà, les nouvelles restrictions mises en œuvre progressivement en Europe devraient venir peser sur l’activité au quatrième trimestre», juge Véronique Janod, stratégiste chez Natixis.
Les actifs refuge sont très recherchés
Malgré ces flux positifs sur les actions, le positionnement des investisseurs reste prudent. Certes l’afflux de capitaux vers les fonds monétaires s’est tari avant de s’inverser (26 milliards de dollars de rachats supplémentaires au cours de la semaine passée, soit la neuvième semaine consécutive de sorties) mais sans que cela profite, ou uniquement à la marge, aux actions. «Le positionnement des investisseurs en actifs risqués reste limité, note Emmanuel Cau, stratégiste chez Barclays. Les actifs refuge sont eux très recherchés». Il en veut pour preuve la part des différentes classes d’actifs dans les fonds d’investissement (mutual funds) américains. Ils affichent encore des poches de cash (au plus haut depuis 2012) et d’obligations élevées tandis que la part des actions, qui a certes progressé, est encore inférieure à ce qu’elle était en début d’année, selon les données d’ICI. Les fonds de pension auraient vendu entre 50 et 100 milliards d’actions après la forte performance des actions au troisième trimestre. Cette configuration se retrouve également dans les portefeuilles de fonds alternatifs (hedge funds et fonds systématiques). «L’exposition des fonds’ risk parity’ en actions reste inférieure à la normale», poursuit le stratégiste de Barclays. Une situation qui s’explique par le niveau encore élevé de la volatilité (le VIX évolue autour de 28). De même, côté hedge funds, les fonds global macro et les CTA ne sont que très légèrement longs en actions.
Une partie de ces mouvements sur les actions reste donc motivée par des achats de particuliers, les plus actifs, opérant sur le site de transactions Robinhood. «L’activité de trading pour ce type d’investisseur est plus difficile à suivre maintenant que les données ne sont plus disponibles, souligne Emmanuel Cau. Cependant, les options de petite taille représentent toujours la principale part des volumes du marché des options d’achat, ce qui suggère que les investisseurs de Robinhood n’ont pas abandonné les actions, malgré le récent pic de volatilité». Dans le même temps la tendance haussière sur le marché des options a diminué depuis la correction sur les valeurs technologiques. Chez d’autres courtiers, comme TDAmeritrade ou Charles Schwab, les mouvements ne sont pas aussi exubérants et le positionnement reste encore légèrement favorable aux obligations mais le momentum continue de s’améliorer sur les actions. L’indice de sentiment des investisseurs particuliers américains, calculé par l’AAII, montre une progression du sentiment acheteur (bull) et une baisse du sentiment vendeur (bear), s’équilibrant pour la première fois depuis fin février.
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