Les minutes de la BCE, clé de l’évolution de l’euro
La monnaie unique s'échangeait à 1,1763 dollar en début de matinée, jeudi, en hausse de 12% depuis le début de l’année.
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La Bourse de Paris faisait preuve de prudence, jeudi matin, dans l’attente de la publication du compte rendu de la dernière réunion de politique monétaire prévue à 13H30.
L’indice CAC40, quasi stable, perdait -0,23% à 5164,91 points peu peu après 11H. À Francfort, le Dax cèdait -0,31%, à Londres, le FTSE 350 s’effritait de -0,24%.
«Nous surveillerons toute indication concernant des craintes parmi le conseil de gouverneurs sur un renchérissement de l’euro et ses conséquences sur les perspectives d’inflation, qui pourrait venir compliquer une tentative de sortie du programme d’assouplissement monétaire», indiquent les économistes de Société Générale.
En juillet, l’inflation n’a augmenté que de 1,3% (dernière estimation) après 1,2% en juin, a annoncé, jeudi, Eurostat.
Depuis la dernière réunion de la BCE, le 20 juillet, qui s’est soldée par un statu quo sur les taux d’intérêt dans le contexte d’une faible inflation, les marchés spéculent sur une possible annonce portant sur la réduction du Quantitative easing en zone euro dès septembre.
La publication des «minutes» de la BCE intervient après celles de la Réserve fédérale américaine (Fed) mercredi soir et à une semaine du traditionnel rendez-vous des banquiers centraux de Jackson Hole, aux Etats-Unis.
Le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Fed a montré que les responsables de la banque centrale étaient de plus en plus préoccupés par la récente faiblesse de l’inflation. Certains ont même appelé à interrompre la hausse des taux engagée depuis décembre tant qu’il n’y aurait pas de signes clairs que cet accès de faiblesse est passager.
«Le marché anticipe toujours que la Fed annoncera le début de la réduction de son bilan en septembre. En revanche, les opérateurs pensent qu’il existe un risque concernant le scénario d’une hausse des taux en décembre», indique Shunsuke Yamada, responsable de la stratégie sur les changes au Japon chez Bank of America Merrill Lynch.
La publication de ces «minutes» a pesé sur le dollar et pénalise le secteur bancaire. L’indice Stoxx 600 des banques (-0,61%) accuse un des plus forts replis sectoriels en Europe et à Paris, Société Générale (-0,88%) et BNP Paribas (-0,71%) signent les deux plus fortes baisses du CAC 40.
L’euro s’est renforcé face au billet vert, jeudi, sur la spéculation d’un débouclement progressif de la politique de soutien massive menée par la BCE. La monnaie unique s'échangeait à 1,1763 dollar en début de matinée, jeudi, en hausse de 12% depuis le début de l’année.
Le nouveau président de la Fed a annoncé jeudi la liste des responsables des cinq groupes de travail chargés d’examiner une nouvelle approche de la banque centrale sur les aspects clés de sa politique monétaire. Dont Mervyn King, ancien gouverneur de la BoE, et l'investisseur Marc Andreessen.
En dépit des rumeurs d’une possible intervention sur les marchés de changes, la devise japonaise reste très faible en lien avec la politique monétaire du Japon et l'écart avec les taux américains.
Une dizaine de banques centrales (Afrique du Sud, Indonésie...) ont depuis le début du mois de mars augmenté leurs taux directeurs, estime Julien Marcilly, chef économiste de Global Sovereign Advisory. Les marges de manœuvre pour faire machine arrière s'annoncent étroites.
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