Les marchés replongent dans le rouge après un court répit
L’accalmie aura été de courte durée. Après une séance de mardi qui aura vu les Bourses européennes rebondir, les actions s’inscrivent nettement dans le rouge ce mercredi.
L’entrée en vigueur de la deuxième salve de droits de douane américains, qui atteignent désormais 20% contre l’Union européenne et 104% contre la Chine, joue un rôle d’électrochoc alors que les investisseurs semblaient espérer la veille que des négociations puissent en décaler la mise en œuvre. Au contraire, Pékin a annoncé une nouvelle salve de droits de douane à 84% sur les produits importés américains.
En Europe, l’Euro Stoxx 50 chutait de 2,7% peu après 16h30 heures. Dans le même temps, le CAC 40 perdait 2,9% et le Dax 2,4%.
Aux Etats-Unis, Wall Street a en revanche ouvert en hausse. Le S&P 500 gagnait 0,5% et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, avançait de 1,5%. La veille, ils avaient perdu respectivement 1,6% et 2,2% malgré un début de journée en fanfare.
Le pétrole sous les 60 dollars
Le mouvement de vente est généralisé et touche aussi bien les marchés actions que ceux de taux et de matières premières. Mercredi après-midi, le rendement de l’obligation souveraine américaine à dix ans poursuivait son incroyable rebond, gagnant 13 points de base (pb), à 4,39%, après avoir touché 4,5% en début de matinée. Il a désormais rebondi de 47 pb en deux jours et retrouve ses niveaux de février dernier. En Europe, les taux allemand et français étaient proches de l'équilibre.
Habituelles valeurs refuges, les obligations d’Etat américaines n’échappent pas à la défiance des investisseurs. Signe de leur fébrilité, «une faible adjudication de bons du Trésor à 3 ans» a été enregistrée hier, note Jim Reid, analyste chez Deutsche Bank. Ces Treasuries ont en outre été émis «à 2,4 points de base au-dessus du rendement avant la vente, tandis que le ratio de couverture des offres a chuté à son plus bas niveau depuis six mois», indique le spécialiste qui juge que «cela a contribué à une vente massive des obligations à plus longue échéance».
Les cours du baril de pétrole, eux, plongeaient de plus de 4%, reflet des craintes croissantes d’une récession. Le baril de Brent se négociait autour de 60 dollars après être tombé sous 59 dollars en cours de journée.
Dans ce marasme, les actions chinoises ont été étonnamment épargnées mercredi, l’indice de Shenzhen et le Shanghai Composite ont gagné 1,3%, mais ont clôturé avant les nouvelles annonces de Pékin. En dépit de la mise en œuvre de droits de douane massifs, le marché local continue à être soutenu par le gouvernement, notamment via son fonds souverain Central Huijin qui poursuit ses achats d’actions, et par la dépréciation du yuan, l’une des manières pour la Chine de riposter à Donald Trump. La devise chinoise offshore est tombée jusqu’à 7,42 pour un dollar dans la nuit de mardi à mercredi et valait encore 7,38 en début de matinée.
Sur les autres marchés asiatiques, le Nikkei japonais a perdu 3,8% après avoir rebondi de 6% la veille et le Kospi coréen a reculé de 1,7%.
A lire aussi : Les marchés continuent à ne pas croire à la récession
Plus d'articles du même thème
-
La France a encore des raisons de croire en son économie
Certains économistes essaient de prendre du recul par rapport au pessimisme ambiant en France. Stéphane Colliac, chez BNP Paribas, rappelle notamment une série d’avantages structurels devant permettre de soutenir la croissance. -
Les banques européennes chutent avec le rebond des taux souverains
Les cours des grandes banques du Vieux continent plongent à des plus bas inédits depuis début juillet après la nouvelle hausse des rendements des obligations souveraines européennes et américaines. -
Les dettes bancaires souffrent du mouvement de vente sur la France
Le risque de crédit des banques françaises a bondi au-delà de celui de leurs principaux homologues européens, mais les dettes bancaires subordonnées AT1 ont souffert aussi plus globalement de la hausse des taux.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
Lone starTed Cruz, le bon soldat des midterms qui veut barrer la route à J.D. Vance
Menacé de voir un démocrate siéger à ses côtés au Sénat, le républicain joue les sauveurs tout en lorgnant la présidentielle de 2028. Quitte à se mettre le vice-président à dos -
ManifestationsLycées bloqués : Nunez et Geffray sur le gril à l'Assemblée nationale
Au sortir d'une semaine de mobilisation lycéenne et de violences intenses partout en France, Edouard Geffray et Laurent Nunez étaient auditionnés à l'Assemblée nationale pour rendre compte de leur gestion de crise -
Etat de siège« Ils me donnent la nausée » : Jean-Luc Mélenchon contre la police, la stratégie de non-retour
A un peu plus de six mois de la présidentielle, le candidat insoumis ne se soucie plus d’avoir un jour à diriger l’institution policière. Il achève de la dresser contre lui en se plaçant aux côtés de la « jeunesse mutilée » dans les mobilisations lycéennes