Les marchés clôturent une nouvelle semaine noire
Après une semaine de resserrement massif des taux par les banques centrales, la confirmation par les indices PMI du ralentissement en zone euro, et notamment en Allemagne, et le krach sur le marché des taux britanniques ont accentué la chute des marchés actions vendredi. Ils clôturent une nouvelle semaine de fort repli.
En Europe, l’indice Euro Stoxx 50 a chuté de 2,3% ce vendredi et de 4,3% sur l’ensemble de la semaine, après être entré dans un marché baissier (bear market, soit une baisse de plus de 20% par rapport au dernier plus haut). A Paris, l’indice CAC 40 a cédé 2,3% et 4,8% sur la semaine, à 5.783,41 points, s’approchant de son point bas de début mars (5.756,38 points en séance). L’indice DAX a reculé de 2%. Wall Street était également en forte baisse et se dirigeait également vers une de ses pires semaines cette année. L’indice S&P 500 et le Nasdaq perdaient 1,7% au moment de la clôture en Europe.
Les taux souverains au plus haut
Les hausses de taux agressives des principales banques centrales pour contenir l’inflation, alors même que la croissance ralentit, ont déconcerté les marchés mondiaux et déclenché une nouvelle flambée des rendements obligataires cette semaine, le taux 10 ans américain passant de 3,46% à 3,795% au plus haut. En Europe, le rendement du Bund 10 ans est repassé au-dessus de 2% vendredi pour la première fois depuis 2011. Les courbes des taux continuent de s’aplatir avec une hausse plus prononcée des taux courts.
Sur les marchés actions, le secteur de l’énergie est en forte chute (-5,7% en Europe) dans le sillage du nouveau repli des cours du pétrole. Le prix du baril de Brent a baissé de -4,5%, à 86,4 dollars, un plus bas depuis début 2022, sur les craintes de récession.
Selon l’indicateur bull/bear de Bank of America, qui est «max bearish», le sentiment des investisseurs est au plus bas depuis la grande crise financière de 2008-2009. Pour les stratégistes de BoA les investisseurs doivent faire face à plus de chocs d’inflation, de taux d’intérêt et de récession. Ils affirment que la chute des obligations signifie que le plus haut des spreads de crédit et le plus bas des actions n’a pas encore été atteint.
S&P 500 à 3.000 points ?
Les stratégistes de Goldman Sachs ont diminué jeudi leur prévision sur le niveau de l’indice S&P 500 d’ici à la fin de l’année, à 3.600 points, soit 16% de moins que la précédente cible mais seulement 2,5% par rapport à son niveau vendredi. Cet ajustement s’explique par un rythme de hausse des taux désormais supérieur aux anticipations de Goldman Sachs. Michael Wilson, le responsable de la stratégie actions chez Morgan Stanley, reste l’un des plus pessimistes avec une anticipation de baisse de l’indice S&P 500 à 3.400 points, alors que le ralentissement économique va peser sur les bénéfices des entreprises qu’il attend en baisse de 3% en 2023, même en l’absence de récession. En cas de récession, ce dernier voit le S&P 500 chuter à 3.000 points.
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