Les marchés actions restent sous la pression du coronavirus
L’absence de visibilité sur les conséquences économiques de l'épidémie et donc les résultats des entreprises annihile tout rebond.
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Xavier Diaz
Les conditions d’un rebond sont claires pour les investisseurs : une baisse de la courbe de contagion, puis la fin des confinements.
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Bloomberg
A l’issue d’une semaine de panique sur les marchés, les places boursières semblaient vouloir se reprendre. «Les interventions plus agressives et coordonnées de la Fed et de la BCE ont restauré un peu de stabilité sur les marchés», affirme Emmanuel Cau, stratégiste actions chez Barclays. Mais ce rebond, essentiellement technique, n’a pas tenu à Wall Street, qui a fini la semaine en chute, l’indice S&P 500 perdant plus de 4%, et 15% sur la semaine, après l‘annonce de mesures de confinement à New York et alors que l’administration Trump peinait à trouver un accord sur un soutien budgétaire. L’arrivée à échéance des options trimestrielles ayant également exacerbé la volatilité.
Les marchés actions ont reculé de plus de 30% depuis leur pic, il y a juste un mois. Et le niveau de volatilité, qui était certes inférieur au pic de 85,5% du 16 mars, restait élevé à 66,8%. «Le ‘spread’ sur le VIX s’est certes réduit mais cela ne veut pas dire que le plus-bas a été atteint», a affirmé Edmund Shing, responsable de la stratégie dérives actions chez BNP Paribas à Bloomberg.
De fait, les conditions ne semblent pas encore réunies pour qu’un rebond durable puisse prendre forme. Bien sûr, les niveaux atteints par les actions peuvent paraître attractifs (à 14 fois les bénéfices aux Etats-Unis et 12 fois en Europe). Mais cela ne suffit pas. «Regarder les PER (‘price earnings ratio’) n’est pas significatif car il y a des doutes énormes sur ce que seront les résultats des entreprises», indique Frédéric Rollin, conseiller en investissement chez Pictet AM. Les niveaux actuels des marchés actions correspondent à un ralentissement économique de l’ordre de 3%. «Il nous faut une meilleure visibilité sur l’étendue de l’épidémie et notamment l’impact des mesures pour la juguler», poursuit Frédéric Rollin. Tant que toutes les mesures pour faire face à l’épidémie n’auront pas été prises, les économistes, qui naviguent aujourd’hui à vue, ne pourront calculer son impact sur l’économie et donc sur le résultat des entreprises.
Les conditions d’un rebond sont claires pour les investisseurs : d’abord une baisse de la courbe de contagion, puis la fin des confinements afin que l’économie reparte. «Il faut un recul de la progression de l’épidémie pour ensuite pouvoir profiter de toutes les mesures de soutien décidées et permettre un rebond important, ajoute Vincent Boy, Analyste marché chez IG France. Toutes les liquidités du monde ne serviront à rien si l’activité ne peut pas reprendre au plus vite.»
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