Les M&A de restructuration sont appelées à perdurer encore de longs mois
Les restructurations sont au cœur des fusions-acquisitions (M&A). C’est ce qui ressort d’une étude de Thomson Reuters et de Freeman Consulting. Selon ce rapport, la possibilité d’acheter des actifs à des «valorisations de crise» (distressed) est aujourd’hui le principal catalyseur quel que soit le secteur envisagé. Seule la finance fait exception selon les auteurs de l’étude, le gain de parts de marché y étant le thème dominant. Le constat est aussi avancé pour toutes les zones géographiques, excepté en Asie où l’expansion territoriale reste le moteur.
Pour autant, toutes les régions ne sont pas à égalité sur ce point. D’après un sondage effectué auprès de plus de 200 professionnels par le cabinet d’avocats Latham & Watkins, les Etats-Unis sont plus favorables aux M&A de restructuration. Dans 75% des cas, ils justifient leur avis soit par la possibilité offerte à une société en faillite de choisir le premier enchérisseur (stalking horse bid), soit par les financements que peuvent obtenir les groupes en faillite (debtor-in-possession financing).
En Europe, l’étude note que jusqu’ici les créanciers ont courbé l’échine en acceptant des restructurations de dette sans évolution majeure du capital. Ou alors, «les créanciers sont devenus propriétaires des groupes en difficultés», complète John Houghton, responsable restructurations Europe du cabinet. Quoi qu’il en soit, cela n’a pas donné de volumes massifs en matière de M&A liées aux restructurations.
Mais, lorsque la situation leur sera plus favorable, ces groupes européens devront se présenter sur le marché des M&A. Ainsi, pour l’Europe, 86% des sondés jugent que le pic en matière de M&A de restructuration est encore devant nous. Quant à savoir à quel moment précis il se matérialisera, les réponses se partagent pour moitié entre le second semestre 2010 et l’année 2011. Compte tenu du délai, peu d’experts pensent qu’il s’agira de reprises d’actifs en faillites. Ils voient plutôt des groupes en convalescence se défaire d’actifs au cours d’une seconde phase de restructuration.
Reste le cas de la vente des participations récupérées par des banques au cours d’opérations d’échange de dette en capital. Là, les réponses sont partagées. Un tiers voit le gros des flux arriver en 2011 et un tiers plutôt en 2012. Mais un quart des experts envisagent des opérations dès que les exigences sur le capital des banques seront clarifiées.
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