Les litiges affectent à son tour Morgan Stanley
Contrairement à JPMorgan, Barclays ou Deutsche Bank, Morgan Stanley ne faisait pas partie des établissements les plus cités dans les multiples scandales et procédures entamées par les autorités et les régulateurs américains et européens à l’encontre de nombreuses grandes banques.
C’est pourquoi le groupe financier a suscité la surprise vendredi à l’occasion de la publication de ses comptes annuels et du quatrième trimestre: il a passé de lourdes provisions pour litiges, qui ont siphonné l’essentiel de ses bénéfices.
Ces charges représentent 1,2 milliard de dollars avant impôt et sont liées à la vente de titres adossés à des créances hypothécaires subprimes aux Etats-Unis. Le montant dépasse largement les précédentes provisions: au premier semestre, Morgan Stanley avait ainsi mis de côté 270 millions de dollars pour se couvrir du risque juridique. Mais fin août, le régulateur américain des banques mutualistes (la National Credit Union Administration) a porté plainte contre l’établissement pour une communication trompeuse sur la vente de tels produits entre 2004 et 2007.
D’autres éléments exceptionnels ont joué plus marginalement sur son bénéfice du quatrième trimestre (-368 millions de réévaluation de la dette propre, ou DVA, et +192 millions de crédit d’impôt). En définitive, Morgan Stanley voit son résultat net chuter de 70% par rapport au dernier trimestre 2012, à 181 millions de dollars. Cette contre-performance comptable fait chuter le rendement des fonds propres (RoE) de la banque à 4,5% (contre 5,7% au troisième trimestre), alors que son directeur général James Gorman avait espéré en mai dernier atteindre 10%.
D’un point de vue opérationnel, les activités de marché ont connu la même évolution qu’au trimestre précédent. La banque a capitalisé sur les performances de son trading actions: après une hausse de 28% au troisième trimestre par rapport à l’année précédente, les revenus de cette activité ont progressé de plus de 7% au dernier trimestre, à 1,5 milliard de dollars. En revanche, à l’image des autres banques américaines, son activité de taux continue de chuter (-14% à 694 millions).
Bien qu’encore réduites, les activités de gestion prennent également de l’importance: le bénéfice imposable de la gestion de fortune progresse de 26% (à 709 millions de dollars), tandis que celui de la gestion d’actifs bondit de 52%, à 337 millions.
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