Les levées de fonds dans le capital investissement enrayent leur chute
Est-ce le signe d’une reprise? Tandis que le léger regain de vigueur sur le marché du LBO, observé à la fin de l’an dernier, semble se confirmer, les levées de fonds dans le capital-investissement (LBO, capital-développement et capital-risque) semblent avoir atteint, elles aussi, un plancher. En témoignent les chiffres publiés par Preqin: 50,4 milliards de dollars ont été collectés au premier trimestre, un montant légèrement supérieur à celui du trimestre précédent (48 milliards). Ce dernier avait en outre affiché le plus faible chiffre depuis… six ans.
Une fois n’est pas coutume, avec 11 milliards de collecte, le capital-risque (venture) fait quasiment jeu égal avec le LBO (13 milliards). Cela s’explique aisément par la frilosité des banques à financer des opérations à effet de levier significatives, même si l’on note un retour relatif de ces établissements depuis le début de l’année. Cette tendance se remarque surtout en Europe, ce que les chiffres de Preqin confirment: les montants levés pour le LBO sur le Vieux Continent représentent plus du double des Etats-Unis (7 contre 3,3 milliards).
Au total, à fin mars, 1.562 fonds sont en cours de collecte, pour un objectif cumulé de 636 milliards de dollars, soit 8% de moins qu’en janvier. Il est bien entendu trop tôt pour conclure à un retour massif des investisseurs vers cette classe d’actifs. Les montants levés avaient déjà progressé au deuxième trimestre 2009 (à 88 milliards de dollars, contre 76 milliards début 2009), avant de chuter ensuite à nouveau lourdement au troisième trimestre (à 57 milliards). En outre, le temps nécessaire aux gérants pour collecter leurs fonds continue d’augmenter. En moyenne, 18,6 mois ont été nécessaires aux véhicules millésimés 2009. En 2010, pour l’instant, le délai est passé à 19,1 mois.
L’avenir est d’autant moins certain que le marché reste sous la menace de l’adoption aux Etats-Unis des règles Volcker qui veulent interdire aux principales banques américaines de faire de la gestion alternative pour leur propre compte. L’adoption de telles mesures aurait d’abord un impact sur l’activité d’investissement direct de ces établissements dans des entreprises, mais aussi sur leur volonté d’investir dans des fonds, en tant que clients institutionnels des firmes de private equity.
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