Les investisseurs plébiscitent le private equity mais pas leurs gérants

Selon le dernier baromètre de Coller Capital, les limited partners restent optimistes pour 2012 en terme de performance. Mais ils seront plus sélectifs
Antoine Landrot

La restriction imposée par les banques dans les crédits et le contexte macroéconomique ne prêtent guère à l’optimisme dans le LBO (acquisitions à effet de levier). Il semble pourtant que les investisseurs (limited partners, ou «LP») qui confient leurs liquidités aux gérants de fonds de private equity demeurent encore confiants pour 2012, révèle le dernier baromètre de Coller Capital.

Selon cette étude, menée en août et en septembre auprès de 107 investisseurs, soit en pleine crise de la dette souveraine, 83% d’entre eux ont l’intention de maintenir ou d’accroître leur allocation à cette classe d’actifs en 2012, une proportion «similaire aux intentions exprimées les années passées», précise le baromètre. Parmi eux, 24% comptent augmenter leur exposition.

En outre, 68% des LP nord-américains et 56% de leurs homologues européens estiment que l’année prochaine sera un bon, voire un excellent millésime. «Pendant la crise de 2008-2009, les prix des actifs sont restés élevés. Aujourd’hui, le marché traverse une phase de creux plus classique et les valorisations redeviennent attirantes: les méthodes d’évaluation des gérants se rapprochent des comparables boursiers», indique François Aguerre, principal de Coller Capital.

En outre, ajoute-t-il, «les investisseurs observent les performances relatives par rapport aux autres classes d’actifs». Même si le private equity est peu liquide, il offre pour l’instant des rendements supérieurs aux actions par exemple, qui traversent une tourmente.

L’étude pointe néanmoins des motifs importants d’inquiétude. Les investisseurs vont en effet poursuivre le sérieux écrémage qu’ils ont entamé il y a deux ans, si l’on se fie à leurs déclarations. Selon le baromètre, 93% des LP disent qu’ils refuseront des «re-ups» à plusieurs gérants dans les 18 mois qui viennent, c’est-à-dire de leur confier de l’argent lorsque ceux-ci viendront les solliciter pour les fonds de la génération suivante. L’explication coule de source: 57% des LP américains et 40% des européens estiment posséder dans leurs portefeuilles des fonds «zombis», c’est-à-dire sans perspective de rendement mais maintenus par les gérants dans le seul but de toucher des commissions de gestion.

Sombre perspective pour les sociétés de gestion, qui rejoint les propos de Jeremy Coller (fondateur du commanditaire du baromètre): celui-ci estimait dès 2009 que 30% d’entre elles allaient disparaître à l’avenir.

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