Les investisseurs misent toujours sur l’immobilier
L’investissement immobilier devrait continuer à prospérer cette année en France, porté par un environnement de taux bas et l’abondance de liquidités, d’après le 19e baromètre IPD réalisé par MSCI en partenariat avec le Crédit Foncier Immobilier. Les investisseurs sondés, qui représentent près du tiers du marché, anticipent ainsi une stabilité des volumes d’investissement à 24 milliards d’euros en 2016 et 2017, une surperformance de 41% par rapport à la moyenne décennale.
La contraction des rendements, en particulier sur le prime où ils ont atteint 3,4% à fin 2015 pour le Quartier central des affaires de Paris (Paris QCA), représente le principal frein à l’investissement pour 34% des sondés, mais ceux-ci n’anticipent pas pour autant de remontée claire en 2016 ou 2017, du fait notamment de la rareté de cette classe d’actifs. «L’écart OAT reste très élevé à 240 points de base, rappelle Emmanuel Ducasse, directeur des études au Crédit Foncier Immobilier, on pourrait descendre sous les 3% de rendement cette année sur quelques actifs ‘super-prime’».
La recherche de rendement se traduit par une stratégie de diversification et l’attrait des actifs de santé et des hôtels, qui intéressent à l’achat respectivement 10% et 6% des sondés. Les métropoles régionales devraient également en profiter, avec 16% des investisseurs qui se disent intéressés, contre près de la moitié moins l’an dernier. «Les contraintes sur les produits ‘core’ poussent les investisseurs à se tourner vers d’autres classes d’actifs ou vers l’étranger», explique Carine Dassé, directrice associée chez MSCI.
«Les volumes d’investissement sont contraints par l’offre, le marché français est trop étroit», reconnaît Emmanuel Ducasse, ce qui s’est vérifié sur les deux premiers mois de l’année, Olivier Boussard, directeur général délégué du Crédit Foncier Immobilier, dévoilant que «pour 90 millions d’euros de projets, nous avons reçu pour 1,8 milliard d’offres».
L’Allemagne reste la destination de choix pour les investisseurs sondés, citée par 40% des sondés contre 21% pour le Benelux, qui arrive en deuxième position. «Il ne s’agit pas forcément d’une recherche de rendements, tempère Emmanuel Ducasse, mais d’une volonté de diversification».
Le Royaume-Uni est lui déserté, le risque de change étant la principale raison donnée par les sondés.
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