Les investisseurs institutionnels se plient aux restructurations du private equity
Les investisseurs institutionnels se sont résignés. Depuis le début de la crise financière en 2008, 79% ont accepté la refonte de leurs parts de fonds de capital-investissement, montre le dernier baromètre de Coller Capital basé sur le sondage de 113 investisseurs à travers le monde.
«Depuis 12 à 18 mois, les restructurations ont pris beaucoup d’ampleur, constate François Aguerre, associé chez Coller Capital, société spécialiste de l’achat de parts de fonds sur le marché secondaire. Les LP (limited partners ou investisseurs) sont plus habitués à ce type de décision lorsqu’elle permet aux fonds de dégager une performance nette positive et aux GP (general partners ou sociétés de gestion) d’espérer toucher finalement leur carried», c’est-à-dire la part de la plus-value revenant aux gérants. La situation est aussi plus urgente, les fonds décennaux levés avant la crise arrivant à maturité.
Les véhicules de LBO (leverage buy-out) sont les plus concernés du fait des leviers d’endettement trop importants imposés à leurs participations avant la crise financière de 2007. Selon Coller Capital, 39% des sondés ont profité de fenêtres de liquidité offertes par les fonds, en contrepartie de la vente de leurs parts. 56% ont préféré rester investis dans les fonds restructurés, assortis de nouvelles règles de fonctionnement et parfois ouverts à de nouveaux investissements primaires. Dans le détail, près des deux tiers des LP européens et asiatiques ont choisi cette option, contre seulement 44% des nord-américains.
Ce contexte n’empêche pas les investisseurs de continuer de miser sur le private equity, dont les performances restent globalement «solides» selon Coller Capital, avec une performance annuelle nette de 11% en moyenne… pour 80% des portefeuilles. Plus de 60% des LP (et même 74% des européens) veulent augmenter la quote-part du capital-investissement dans l’allocation de leurs portefeuilles équilibrés sous trois à cinq ans. En outre, les deux tiers déclarent ne pas avoir pu investir l’intégralité de l’engagement sollicité au sein des nouveaux fonds au cours des 12 derniers mois, relève Coller Capital.
La majorité des investisseurs ont aussi misé sur des équipes nouvellement créées, même si les Européens (à 45%) et Asiatiques (33%) sont à la traîne par rapport aux Américains (76%).
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