Les investisseurs en private equity se rapprochent des nouvelles équipes

Selon le baromètre Coller Capital, ils s’inquiètent par ailleurs de la surabondance de dette dans les LBO montés en Amérique du Nord
Antoine Landrot

Les années qui ont suivi la crise financière ont rebattu les cartes dans le monde du LBO: de nombreuses équipes ont disparu ou ont dû se rapprocher, tandis que les investisseurs (ou LP, pour limited partners) ont revu leurs relations avec les sociétés de gestion (GP, general partners).

En dehors de la remise en cause des commissions et d’un écrémage dans la liste des GP avec lesquelles ils souhaitent collaborer, les LP font désormais confiance aux équipes dont c’est la première levée de fonds. C’est l’un des enseignements du dernier baromètre de Coller Capital, collecté auprès de 115 investisseurs dans le monde. Ainsi, 70% des LP américains sont prêts à confier directement des capitaux (c’est-à-dire sans conseiller ni via un fonds de fonds) à un first time fund au cours des deux prochaines années; 58% des LP européens et 53% des LP asiatiques sont prêts à faire de même. Cette attitude n’empêche toutefois pas la prudence: 93% des LP adoptant cette démarche investiraient dans les équipes dédiées aux économies développées, contre 32% aux pays émergents.

Plus globalement, la France ne figure pas en bonne place dans les intentions d’allocation en Europe. L’Allemagne recueille 80% des suffrages des investisseurs européens et près de 68% du suffrage des Nord-américains; le Royaume-Uni est plébiscité par 58% des premiers et 72% des seconds. En revanche, la France est moins populaire (respectivement 39% et 27%). L’Espagne et le Portugal suscitent davantage d’intérêt.

Si la situation sur le Vieux Continent est encore empreinte de méfiance pour une partie des investisseurs, en particulier au regard du marché nord-américain, ceux-ci manifestent également une certaine inquiétude quant à la situation outre-Atlantique. Les deux tiers des professionnels interrogés par Coller Capital estiment que la surabondance de dette permet à des LBO de piètre qualité de se financer malgré tout et fragilisent des opérations sur des entreprises solides en raison d’un recours excessif au levier. On assiste à un véritable et rapide renversement de tendance, puisque la proportion d’investisseurs constatant une dégradation des conditions de financement des LBO n’atteignait que 20% en 2012.

Cette évolution, si elle n’est pas inexistante en Europe et en Asie, est toutefois bien plus modeste: 79% des LP considèrent que les ratios de levier sont équilibrés en Europe (contre plus de 95% deux ans plus tôt) et 84% en Asie (contre près de 95% en 2012).

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