- Energie
- Tribune
Les investissements dans les réseaux électriques permettent la transition énergétique en Europe
La transition énergétique accélère, particulièrement en Europe. Les objectifs de zéro émission nette et les préoccupations liées à la sécurité énergétique nécessitent un développement massif des énergies renouvelables, encore plus dans un contexte d’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données, fortement consommateurs d’électricité. La demande énergétique devrait ainsi augmenter de 40 % d’ici 2033 et les énergies renouvelables devraient représenter 85 % de la production d'électricité en Europe d’ici 2050. Cela entraîne des défis majeurs pour le réseau. Les énergies éoliennes et solaires étant intermittentes, leur raccordement au réseau introduit un degré d’imprévisibilité et de fluctuation dans l’approvisionnement tout au long de la journée. Elles offrent également moins d’inertie aux changements de fréquence, ce qui augmente le risque de pannes et nécessite des mesures de stabilisation potentiellement coûteuses. Ces dynamiques entraînent également une volatilité accrue des prix.
Face à ces défis, il est nécessaire d’investir dans les infrastructures du réseau afin de garantir une alimentation électrique plus stable. Cela passe par le développement de capacités d’interconnexion entre pays européens. Celles-ci sont essentielles à l’optimisation du réseau, car elles permettent le flux transfrontalier d'électricité, ce qui permet au système de tirer parti de la production à distance, là où les ressources éoliennes ou solaires sont abondantes, pour l’acheminer vers les zones de consommation. Cela permet de lisser efficacement l’intermittence locale, de résoudre les écarts de prix importants entre les pays européens et de faciliter une réduction des coûts énergétiques.
A lire aussi : Les interconnexions jouent un rôle central dans la transformation énergétique
Opportunité d’investissement
Le développement de ces réseaux représente une opportunité majeure pour les investisseurs privés, d’autant que ces projets bénéficient souvent d’un risque réglementaire réduit et d’un appui intergouvernemental. Selon Allianz Research, les besoins d’investissement dans ce domaine sont estimés à 8 milliards d’euros par an jusqu’en 2030, puis à 11 milliards d’euros par an pour la période 2030-2050. Autre domaine recherché : les condensateurs synchrones et solutions de stockage par batterie, qui servent d’amortisseur d’inertie et de gestion du prix de l’électricité.
L’opportunité d’investissement dans ces infrastructures repose sur des revenus réglementés et contractuels à long terme, garantis par les opérateurs de réseaux nationaux. Elles sont aussi une couverture solide contre l’inflation, étant donné que les rendements sont indexés ou corrélés aux indicateurs d’inflation, protégeant ainsi la valeur réelle des actifs contre la volatilité macroéconomique.
Les interconnexions prévues sont insuffisantes pour optimiser le système électrique
Plus d'articles du même thème
-
TotalEnergies s'attend à un troisième trimestre exceptionnel
Le groupe pétrolier continue à profiter à plein de la flambée des prix de l'énergie et des carburants, qui compense largement les pertes de production subies au Moyen-Orient. -
L’AIE anticipe des tensions durables sur le diesel
L’Agence internationale de l’énergie a alerté sur le risque de persistance des tensions sur le marché du diesel jusqu’à mi-2027, dans son dernier rapport mensuel. -
EDF va céder au fonds Hy24 sa filiale d'hydrogène Hynamics
L'acquisition d'Hynamics par la coentreprise entre le gérant français de non coté Ardian et FiveT Hydrogen s'inscrit dans le cadre de la consolidation de la filière autour des projets les plus prometteurs, face à un développement décevant de l'utilisation de l'hydrogène en regard des prévisions initiales.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Global BritainQuand Napoléon, les supermarchés et la politique font bon ménage
Originales, puissantes, hautement rentables, les dix-sept enseignes britanniques et leurs 87 000 succursales sont un monument historique -
L'Assemblée vote la contribution française à l'UE malgré l'opposition du RN et de LFI
Malgré les votes contre des troupes de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, l'Assemblée nationale a voté la contribution française au budget de l’Union européenne (UE) dans le budget 2027, à hauteur de 30,9 milliards d’euros -
Rupture de contratTransport maritime : comment Londres veut couper le robinet du GNL à Moscou
Limiter les services aux méthaniers russes, chargés de transporter le gaz naturel liquéfié, entraverait leur accès aux ports de livraison