Les institutionnels détiennent 41% de la capitalisation boursière mondiale
Des institutionnels omniprésents. Un secteur public dominant dans les pays émergents. Et des investisseurs individuels dilués. Un récent travail de fourmi mené par des économistes et des spécialistes de la gouvernance de l’OCDE dresse une radiographie du capital des 41.000 sociétés cotées dans le monde à la fin de 2017. Celles-ci représentaient une capitalisation boursière de 84.000 milliards de dollars, l’équivalent du PIB mondial. Pour cette étude, l’OCDE a concentré sa recherche sur 10.000 groupes, représentant à eux seuls 90% de la capitalisation boursière mondiale.
Dans ce paysage, les institutionnels, selon la définition élargie de l’OCDE (assureurs, banques, fonds de pension, gérants d’actifs, courtiers, hedge funds…) sont logiquement les plus représentés. A eux seuls, ils détenaient 41% de la capitalisation boursière mondiale fin 2017. Aux Etats-Unis, leur part culmine même à 72%, contre 38% en Europe et 9% en Chine.La prépondérance des institutionnels suit la croissance de leurs actifs sous gestion, passés de 25.000 milliards de dollars en 2000 à 58.000 milliards fin 2017, sous l’effet de la «transition des régimes de retraite, du système par répartition (pay-as-you-go) vers des fonds de pension», souligne l’étude de l’OCDE. Les économistes rappellent que dans certains pays, comme les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, les Pays-Bas ou le Danemark, le montant des actifs gérés par les fonds de pensions locaux sont supérieurs au PIB.
Cette montée en puissance des institutionnels n’est pas sans effet sur la gouvernance des entreprises car elle a contribué «à distendre la chaîne entre épargnants et entreprises», souligne l’OCDE, ce qui complique l’alignement des intérêts.
Dans les pays émergents, la problématique est différente. En Chine, 38% du capital des entreprises cotées sont détenus par des actionnaires liés à l’Etat. La part ressort à 23% dans les pays développés d’Asie et 28% dans les autres régions émergentes. De tels niveaux de détention publique incitent à s’interroger sur «la façon dont les priorités politiques peuvent directement ou indirectement influencer les décisions des entreprises et avoir des effets économiques sur les bénéficiaires finaux, contribuables et retraités», indique l’OCDE.
Les investisseurs individuels dits stratégiques, notamment les actionnaires familiaux, détiennent seulement 7% de la capitalisation boursière mondiale, et seulement 4% aux Etats-Unis. En Europe, leur part est supérieure à la moyenne mondiale (8%).
Plus d'articles du même thème
-
Les actions de style croissance souffrent de la remontée des taux longs
Les actions de style croissance, tout comme celles dans la catégorie des petites capitalisations, sont particulièrement sensibles au contexte de tension sur les taux longs. -
En défaut face à des demandes de rachats, un gérant turc fait tanguer le marché actions local
Les problèmes de la société de gestion Pusula Portföy ont fait chuter le principal indice de la Bourse d'Istanbul ce mercredi 16 septembre. -
La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
Selon une étude de J.P. Morgan AM, les ménages français se privent d'un levier boursier pour valoriser leur patrimoine. Un manque à gagner que le gestionnaire d'actifs américain estime à 394 milliards d'euros sur les six dernières années.
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa veut passer à l’échelle dans l’IA
- En plein défi réglementaire, Revolut fait face à une cyberattaque
Contenu de nos partenaires
-
À Ghemme, Loro Piana tricote son avenir
Loro Piana a choisi d’écrire un nouveau chapitre de son histoire à Ghemme, dans le Piémont. La griffe, connue notamment pour son cachemire d’exception, vient d’y ouvrir une nouvelle manufacture, entièrement dédiée au travail de la maille. -
Match serréSur les bords de la Baltique, la gauche allemande résiste à la vague bleue de l'extrême droite
Le SPD talonne l’AfD en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où les électeurs sont appelés aux urnes dimanche -
OmbreEn vendant le F-35 à l'Arabie Saoudite, Washington risque-t-il de l'offrir à la Chine ?
L’Administration Trump a donné son aval pour la vente de 48 avions furtifs F-35 à Riyad. Ce projet de contrat nourrit les craintes de certains observateurs au sujet des pactes liant l'Arabie saoudite et Pékin