Les groupes américains se pressent sur le marché obligataire
Le resserrement monétaire à venir de la Fed nourrit le marché obligataire corporate américain. Les émissions de dette d’entreprises les mieux notées (investment grade) ont en effet franchi le seuil des 1.000 milliards de dollars (848 milliards d’euros), selon les décomptes arrêtés au 21 août par Bloomberg.
Si les émissions ont dépassé les 1.000 milliards de dollars ces six dernières années, dans un contexte de taux d’intérêt extrêmement bas, il s’agit du temps de passage le plus rapide.
104 milliards de dollars en août
Habituellement calmes, les mois de juillet et d’août ont vu de nombreuses grandes entreprises outre-Atlantique profiter de l’engouement des investisseurs. Le mois dernier, dans le sillage de la période de la publication de leurs résultats semestriels, les banques américaines ont mené la charge. En trois séances, Wells Fargo, JPMorgan, Citigroup, Bank of America, Goldman Sachs et Morgan Stanley ont levé 31 milliards de dollars.
Sur le segment des entreprises non financières, l’opérateur télécoms américain AT&T a lui lancé fin juillet une émission en sept tranches de 22,5 milliards de dollars, la troisième plus importante de l’histoire, pour financer le rachat en cours du groupe de médias Time Warner.
Alors que les fonds spécialisés dans la dette d’entreprise investment grade ont enregistré des flux entrants pour la onzième semaine consécutive selon les données compilées par Lipper, le mois août a lui aussi été plus actif que la médiane des dix dernières années. L’émission de 16 milliards de dollars d’Amazon, dans le sillage de celle de 17,25 milliards de British American Tobacco, a propulsé les montants levés sur le mois d’août à près de 104 milliards de dollars.
A ce rythme, le marché devrait en 2017 sensiblement dépasser le record de levées de 1.350 milliards de dollars inscrit l’an dernier. Les observateurs, qui tablaient en début d’année sur un reflux de 10% à 20% des émissions, estiment cependant que les grandes entreprises ont accéléré le calendrier de leurs placements en prévision de la normalisation de la politique monétaire de la Fed.
Le rebond des taux se fait pour l’heure attendre puisque le taux à 10 ans américain a abandonné près de 30 points de base depuis janvier.
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