Les grandes fusions font un retour remarqué sur le marché
L’année a beau s’annoncer incertaine, les prédateurs n’hésitent pas en ce début 2010 à se lancer dans des fusions-acquisitions (M&A) d’envergure. Novartis/Alcon, America Movil/Telmex, Air Products/Airgas ou plus récemment Schlumberger/Smith International… Dealogic ne recense pas moins de douze transactions supérieures à 5 milliards cette année. Un record depuis l’année 2000. Les Etats-Unis sont la zone cible favorite (5 offres pour 66 milliards de dollars), devant l’Amérique latine (3) et l’Europe (2).
La logique qui sous-tend ces opérations est souvent la même. Après des mois de crise qui ont vu les entreprises soutenir leurs bénéfices grâce à des réductions de coûts, nombre d’observateurs rappellent que désormais la progression des résultats nécessitera de la croissance. Certains groupes ont donc pris les devants. Avec Alcon, qui sera logé dans un nouveau pôle, Novartis veut effectivement accélérer sa stratégie «de diversification et de désensibilisation au risque brevetaire».
De la même façon, Telmex permettra à America Movil de se développer dans le fixe pour proposer des offres globales tandis qu’Airgas ouvrirait à Air Products les portes de nouveaux segments.
Dans une période de reconstruction des bilans, toute la problématique pour l’acquéreur est de parvenir à monter un financement. Si Novartis peut se permettre de puiser dans son trésor de guerre, tous n’ont pas la capacité d’offrir du cash. Ainsi, Schlumberger et America Movil proposent de payer leurs cibles en titres.
Cela devient même une tendance de fond. Dans la lignée de 2009, les paiements en numéraire représentent désormais moins de 60% des volumes. Loin des 70 à 75% des années 2006 à 2008. Les acquéreurs privilégient les actions (environ 25% des volumes) ou les offres mixtes, voire les échanges d’actifs (comme entre Lafarge et Votorantim à propos de Cimpor).
La question du financement reste d’ailleurs vue comme un obstacle aux grandes opérations et pourrait les empêcher de maintenir le rythme sur l’année. Les cibles ne sont pas toutes prêtes à prendre du papier et à en croire Lombard Odier, les cash-flows ne suffiront pas à eux seuls à financer les acquisitions. C’est aussi pour ces questions de financement qu’UBS affirmait dès l’an passé que 2010 ne devrait être qu’une «année de transition».
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