Les gérants se livreront à une concurrence féroce pour lever des fonds

La demande des investisseurs institutionnels n’a pas disparu. Mais l’offre n’est pas toujours à la hauteur de la demande
Antoine Landrot

La collecte de fonds de capital-investissement a connu une année difficile en 2011 (L’Agefi du 5 janvier 2012). Malgré des perspectives économiques demeurées moroses, il est difficile de faire des prévisions pour l’année en cours. Quelques annonces à l’issue heureuse, en décembre, permettent d’entretenir un léger optimisme chez les gérants, comme le cinquième véhicule d’Access Capital Partners, dont la levée a été conclue à 500 millions d’euros, contre un objectif initial de 350 millions (L’Agefi du 16 décembre 2011).

La demande des investisseurs institutionnels pour le private equity n’a pas disparu. En effet, la forte volatilité des marchés financiers (actions et obligations) l’année dernière conduit les apporteurs de fonds à ne pas négliger cette classe d’actifs, ce que confirment certaines enquêtes d’opinion auprès de ces professionnels. Selon une étude menée par Private Equity Intelligence (Preqin) pendant le mois de décembre, 73% des investisseurs interrogés ont manifesté leur intention de contracter de nouveaux engagements en 2012, contre 62% au cours du seul premier semestre. Seuls 7% n’y reviendront pas avant 2014 et 17% adoptent une stratégie «opportuniste».

Cela dit, ce relatif appétit pour cette classe d’actifs ne doit pas laisser croire aux gérants à une année de tout repos. Toujours selon Preqin, 35% des investisseurs n’avaient pas encore atteint leur objectif d’allocation de 2011. Si l’on est optimiste, ceci souligne que la demande excède l’offre; mais il est plus réaliste d’admettre que l’offre n’a pas su satisfaire la demande. Les professionnels du private equity s’accordent en effet à dire que les investisseurs sont devenus beaucoup plus exigeants depuis la crise financière de 2008.

Parallèlement, 1.823 fonds en cours de collecte recherchent au total 740 milliards de dollars, selon les statistiques de Preqin. Les gérants doivent donc s’attendre à une concurrence acharnée pour capter les capitaux des institutionnels. «Si vous ajoutez à cela le fait que les investisseurs étudient scrupuleusement le renouvellement de leurs mandats – 84% d’entre eux envisagent d’en changer –, les gérants vont devoir réfléchir soigneusement aux clauses des contrats qu’ils proposent à leurs clients pour réussir leurs levées de fonds, et non plus seulement à leurs stratégies d’investissement», explique Helen Kenyon, porte-parole de Preqin.

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