Les gérants de private equity subiront de multiples pressions en 2013

Selon l'étude mondiale de Bain & Company, la pression à l’achat sera forte en raison des montants encore non investis
Antoine Landrot

Ce n’est un secret pour personne: 2012 n’est pas un bon millésime dans le capital-investissement. L’étude annuelle mondiale réalisée par Bain & Company confirme que la valeur totale des transactions a été stable par rapport à 2011 – comprendre que l’activité s’est stabilisée à un niveau faible: dans les acquisitions à effet de levier (LBO), 186 milliards de dollars de transactions ont été réalisées en 2012, contre 182 milliards un an plus tôt et 188 milliards en 2010. On est loin des quelque 700 milliards enregistrés en 2006 et 2007, aux heures les plus folles du LBO, alimentées par la bulle financière.

Cependant, une analyse plus fine révèle des disparités: l’Amérique du Nord a expérimenté un rebond du marché dès 2010, qui s’est poursuivi depuis (+50% entre 2009 et 2012 et +23% entre 2011 et 2012 dans le LBO). Cette dichotomie devrait se poursuivre en 2013.

«2013 devrait être un bon millésime: beaucoup de liquidités levées les années précédentes n’ont toujours pas été investies et une partie d’entre elles a une durée de vie limitée. Le marché devrait être particulièrement porteur aux Etats-Unis, avec une croissance à deux chiffres – moins en Europe», explique Jean-Marc Le Roux, associé chez Bain. Outre les perspectives de croissance du pays, le marché américain est porté par la réouverture du financement, en provenance des banques comme des marchés. «Certains prêts se montent avec peu, voire sans covenant [clauses régissant les contrats de crédit, ndlr] aux Etats-Unis», remarque Jean-Marc Le Roux.

Le cabinet de conseil est également positif sur le Brésil, qui connaît toujours une forte croissance et où la concurrence dans le private equity est limitée. Ce marché suscite l’intérêt des fonds et des investisseurs.

Les auteurs de l’étude estiment que les acquisitions de sociétés cotées avec retrait de cote (public-to-private, ou PtoP) constitueront, en particulier aux Etats-Unis, le mode d’investissement privilégié des fonds. Les tentatives de plusieurs d’entre eux pour s’emparer de Dell, valorisé à plus de 20 milliards de dollars, en sont l’illustration.

De l’autre côté du spectre, les gérants subissent également une pression aux cessions. En effet, seuls 15% des fonds levés en 2007 (la dernière génération de la plupart des véhicules) ont été rendus à leurs investisseurs. Or pour lever leur fonds de génération suivante, les gérants doivent convaincre leurs investisseurs en affichant des rendements satisfaisants.

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