Les fusions-acquisitions ont fait grise mine en Europe au premier semestre

En repli de 23,4% sur un an à 272,7 milliards de dollars, les transactions dans la région sont au plus bas depuis trois ans, selon Mergermarket
Yves-Marc Le Réour

Malgré une amélioration en fin de période, les fusions et acquisitions en Europe ont reculé de 23,4% à 272,7 milliards de dollars en rythme annuel au premier semestre, selon les chiffres publiés hier par Mergermarket. L’institut souligne que ce montant, qui porte sur 2.342 opérations répertoriées, «est à son plus bas niveau depuis le premier semestre 2010». Il se compare à un marché mondial en repli de 12,2% à 899,1 milliards de dollars, également au plus bas depuis 3 ans.

Dans la zone euro, la valeur des transactions annoncées a doublé entre le premier et le deuxième trimestre, avec un montant respectif de 46,8 milliards et 99,8 milliards de dollars, l’activité ayant notamment été stimulée par la restructuration du bilan d’EFG Eurobank Ergasias en Grèce fin avril et par le rachat de Kabel Deutschland par Vodafone en juin. A l’échelle pan-européenne, les opérations inférieures à 2 milliards de dollars ont représenté 22% des transactions entre janvier et juin, contre un tiers pour celles comprises entre 2 et 10 milliards.

«Alors que les financements bancaires sont restés sous contrainte, la faiblesse des taux d’intérêt a favorisé au premier semestre le financement des acquisitions sur le marché obligataire, y compris sur le segment de la dette à haut rendement, commente Gilberto Pozzi, directeur des fusions et acquisitions pour la région EMEA chez Goldman Sachs. Ceci a stimulé en Europe les opérations secondaires entre fonds de capital-investissement sur des cibles de taille moyenne». Le secteur des TMT se hisse en première place du classement européen à fin juin grâce aux transactions sur Virgin Media et Kabel Deutschland, devant le secteur minier/énergétique et les biens de consommation.

«Malgré des niveaux importants de trésorerie, un rebond des transactions dans la région paraît incertain à court terme, compte tenu d’un environnement économique encore loin d’être stabilisé. Le marché pâtit également de l’annulation récente de plusieurs opérations d’envergure annoncées, comme celle de Royalty Pharma sur Elan ou du consortium financier LongRiver sur Severn Trent», juge Gilberto Pozzi. Les prises de participations minoritaires de fonds activistes, que l’on commence à voir en Europe, «pourraient néanmoins conduire à davantage d’opérations de recentrage impliquant des cessions d’actifs ou des spin-off», conclut-il.

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