Les fonds secondaires de private equity croient à la croissance du marché en 2013
Les fonds secondaires de capital-investissement (private equity) continuent de susciter l’intérêt des investisseurs, malgré un tassement des transactions en cette fin d’année. Partners Group a annoncé hier la clôture de son nouveau véhicule à 2 milliards d’euros. Le montant est important, sans pour autant établir un record: Axa Private Equity et Coller Capital ont respectivement levé 7,1 et 5,5 milliards de dollars cette année, tandis que Lexington Partners a réuni 7 milliards de dollars en 2011.
Il reste à savoir si ces montants trouveront autant de débouchés que lors des deux dernières années. En effet, 2010 et 2011 ont été des millésimes phares pour les fonds secondaires du private equity, grâce à la cession d’importants portefeuilles de parts de fonds par les banques, avec parfois leurs filiales de gestion correspondantes: Bank of America (pour 1,9 milliard de dollars), HSBC, RBS, Natixis en 2010, suivies par Citigroup (pour 1,7 milliard de dollars), Barclays (740 millions de dollars), HSH Nordbank (620 millions d’euros), le Crédit Agricole, et le japonais Mizuho en 2011.
Cette tendance est la conséquence des réglementations bancaires aux Etats-Unis (la règle Volcker limite les activités pour compte propre des banques à 3% de leurs actifs) et en Europe. Sous Bâle 3, les placements en actifs «alternatifs» sont pénalisés.
Les fonds de pension animent également le marché, comme l’ont illustré les canadiens Omers et Investissements PSP, ou l’américain Calpers. «Leur motivation est différente: au fil du temps, ils ont investi dans beaucoup de fonds, très diversifiés, indique un gérant de fonds secondaires. Leurs équipes, limitées, ont des difficultés pour suivre l’ensemble des participations. Ils éprouvent donc le besoin de rationaliser et rajeunir leur portefeuille, ce qui nécessite de trouver de l’argent frais. Les fondations et universités, quant à elles, souhaitent se diversifier dans des fonds de taille moyenne, voire intervenir plus directement».
Pour ce professionnel, le marché a encore de beaux jours devant lui: «Les vendeurs américains ont fait preuve d’attentisme avant les élections présidentielles. Mais il n’en reste pas moins que le ratio des investissements dans des actifs alternatifs des quatre principales banques dépasse les 10%, ce qui représente 30 milliards de dollars d’excès par rapport aux 3% de la règle Volker. L’année 2013 sera soutenue».
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