Les fonds propres de Dexia pâtissent de la revue des actifs de la BCE
Après les provisions massives des banques italiennes sur leurs encours de crédits, Dexia a pris acte de l’impact de l’asset quality review (AQR) de la Banque centrale européenne sur ses comptes 2013. A la suite de l’examen de la Banque nationale de Belgique, son principal régulateur, la banque franco-belge a revu à la hausse les pertes latentes de son portefeuille d’actifs disponibles à la vente (AFS). Lestées de 447 millions supplémentaires, elles passent de 6 milliards à 6,471 milliards à fin 2013, a annoncé hier le groupe, corrigeant ses résultats annuels.
La publication de son rapport annuel le 14 avril pourrait être retardée, mais Dexia espère tenir les délais, tout comme pour son assemblée générale du 14 mai prochain. En revanche, la banque ne se prononce pas sur l’annonce éventuelle d’autres modifications liées à l’AQR en cours.
L’ajustement de 447 millions (ramené à 221 millions au 21 mars du fait de l’évolution des marchés) découle de la variation de valeur d’obligations sécurisées espagnoles et de titres – et non des prêts - de collectivités locales européennes, jugés illiquides. Cela «réduit d’autant les fonds propres part du groupe de Dexia, qui passent de 3,988 milliards à 3,5 milliards d’euros à fin 2013 (à comparer à un total de bilan de 223 milliards d’euros), analyse Dominique Daridan, responsable de la recherche crédit chez Aurel ETC Pollak. Ils restent toutefois supérieurs aux 2,85 milliards de fin 2012, grâce justement à l’amélioration globale des réserves AFS au cours de l’exercice.»
En outre, la révision n’a «pas d’impact, ni sur le compte de résultat, ni sur la solvabilité de Dexia SA ou de Dexia Crédit Local au 31 décembre 2013», indique le groupe. «La solvabilité réglementaire de Dexia reste particulièrement élevée car les AFS sont exclus du calcul du ratio de fonds propres Bâle 2, explique Dominique Daridan. En Bâle 3, ils seront progressivement pris en compte mais Dexia table en parallèle sur une réduction de la décote de ces actifs et sur leur cession progressive».
Reste une autre épine, le risque juridique pesant sur les prêts structurés sensibles aux collectivités françaises. Dexia porte encore 1,4 milliard d’euros d’encours et la Caffil 7,6 milliards. Cette banque publique, qui a hérité de l’essentiel du portefeuille de Dexia, n’a pas inscrit de provisions dans ses comptes 2013, tablant sur la loi de validation des prêts toxiques, toujours en attente après sa censure par le Conseil constitutionnel.
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