Les fonds de private equity ont multiplié les sorties en 2013
L’activité des fonds de capital-transmission en Europe a retrouvé une certaine vigueur en 2013. Les chiffres publiés pour l’ensemble de l’exercice confirment en effet les observations faites en cours d’année.
Selon la dernière étude du Centre for Management Buy-out Research (CMBOR), sponsorisée par Equistone Partners et EY, le montant des cessions réalisées en Europe par des fonds (que ce soit à d’autres fonds ou à des concurrents de la cible) a atteint 73,9 milliards d’euros en 2013 (opérations conclues au 20 décembre). C’est 26% de plus qu’en 2012. Depuis 2009 inclus, les fonds n’ont fait mieux qu’une seule fois, en 2011 (pour 83,1 milliards).
Les cessions ont été portées par la demande des investisseurs sur les marchés actions, qui a permis de multiplier les introductions en Bourse à des valorisations attractives. Leur montant total a atteint un record absolu de 25 milliards d’euros, pour vingt opérations. En 2012, une seule introduction avait eu lieu, pour 3,7 milliards.
Le marché du capital-transmission européen demeure sur certains points convalescent. Pour la quatrième année consécutive, les montants investis sont restés inférieurs aux sorties. L’écart atteint 23,6 milliards d’euros en 2013. Les investissements reculent de 7% par rapport à 2012, à 50,3 milliards.
Cette tendance – logique dans la mesure où les gérants ont besoin de montrer des sorties à leurs investisseurs afin de collecter des nouveaux fonds – est toutefois étonnante étant donné les sommes disponibles dont disposent encore les gérants: l’institut Preqin les a estimées au mois de novembre à 789 milliards de dollars à travers le monde, un montant qui tutoie les sommets.
On peut supputer une certaine prudence de la part des gérants, alors que les entreprises européennes sont en convalescence en raison de la crise, notamment en France. Longtemps deuxième marché du private equity en Europe derrière le Royaume-Uni, l’Hexagone s’est fait dépasser par l’Allemagne.
En tout cas, les financements sont prêts, laissant entrevoir un potentiel important dans les acquisitions à effet de levier (LBO) en 2014. Selon le CMBOR, 40% des opérations en 2013 ont été financées avec de la dette, contre 29% en 2012. Le ratio moyen de fonds propres a chuté de 13 points, à 53%. Des chiffres corroborés par Dealogic, selon lequel le montant des prêts syndiqués à effet de levier en Europe a atteint en 2013 un record depuis 2007, à 260 milliards de dollars, en hausse de 48% par rapport à l’année précédente.
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