Les eurodéputés et les Etats-membres se divisent sur le budget
D’un côté, des députés européens qui poussent pour une augmentation. De l’autre, des Etats-membres qui veulent une réduction. Le bras de fer sur le montant du budget de l’Union européenne pour 2020 s’annonce musclé.
Hier, les eurodéputés ont largement soutenu, avec 529 voix pour, 130 contre et 43 abstentions, la fixation du niveau global des crédits pour 2020 à 170,97 milliards d’euros. Début septembre, le Conseil de l’Union européenne avait quant à lui défendu un budget de 166,8 milliards d’euros, «soit une augmentation de 0,6%» par rapport à 2019, précisait-il à l’époque. La Commission propose pour sa part une voie médiane, avec 168,3 milliards d’euros.
Risque de retard pour les fonds communautaires
Ces divergences entre députés et Etats-membres sont fréquentes. Mais avec «4,2 milliards d’euros, l'écart est relativement important par rapport aux années précédentes», a reconnu Gunther Oettinger, commissaire européen au Budget. «Cela ne doit pas nécessairement entraîner davantage de difficultés dans la phase de conciliation, mais il se pourrait que les choses deviennent plus difficiles pour vous et pour nous en novembre», a ajouté le commissaire, assurant toutefois que «les priorités du Conseil, du Parlement et de la Commission sont les mêmes» : la croissance et l’emploi, le renforcement de la politique climatique de l’UE, les jeunes, la migration.
Les faits montrent toutefois de réelles divergences. Le Parlement réclame notamment 2 milliards d’euros supplémentaires pour les rubriques qui «contribuent de manière importante à la réalisation de l’objectif de dépenses liées au climat», afin d’atteindre la réalisation de l’objectif de 20% de dépenses consacrées au climat pour la période 2014-2020 (qui représente le cadre financier pluriannuel en cours). Le Conseil européen a répondu qu’il ne pouvait pas accepter les amendements adoptés par le Parlement.
Les deux institutions vont maintenant entrer en négociations de «conciliation» pour trois semaines. En cas d’absence d’accord, la Commission devra présenter un nouveau budget, ce qui risque de retarder les projets financés par des fonds communautaires.
Plus d'articles du même thème
-
Accès au marché bancaire, supervision, gouvernance et risques ESG : ce que change la directive CRD6
Dans cette tribune, Christophe Jacomin et Nour Neggaz, avocats chez SCP Herald, font un tour d'horizon des changements induits par cette directive européenne relative aux risques et à la supervision bancaires qui a été récemment transposée dans le droit français. -
Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
Dans cette tribune, Xiaojie Chen, partner chez Julhiet Sterwen, explique comme les textes européens concernant la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme implique de véritables changements organisationnels dans les institutions financières. -
Les ventes de voitures neuves ont grimpé de 5,1% en avril dans l'Union européenne
La part de marché de l'électrique a atteint 19,7% sur les quatre premiers mois de l'année tandis que les véhicules hybrides ont représenté 38,2% des ventes. Stellantis et Volkswagen se sont distingués le mois dernier.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
- BNP Paribas et Mistral repartent pour un tour et vantent leur proximité
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
Contenu de nos partenaires
-
Stress test« Poutine joue la surenchère » : la Russie maintient sa stratégie de la tension aux frontières de l’Europe
En Roumanie, dans les pays baltes ou en Finlande, des incidents impliquant des drones se sont poursuivis ces dernières semaines -
Choix publicsPermanence, rémanence, émergence : la grille oubliée de l’action publique – et ses illusions
La puissance publique a échoué, non parce que le monde actuel serait ingouvernable, mais parce qu'elle continue à vouloir administrer plutôt qu'accompagner et s’obstine à croire qu'une société complexe peut être dirigée comme une organisation hiérarchique -
Anniversaire du PlanClément Beaune : « Je rêve d’une troisième voie entre un autoritarisme vertical et un libéralisme débridé »
A la tête de l'organisme parfois critiqué pour son manque d'utilité, Clément Beaune propose de revenir aux « lois de plan » pour fixer les grandes orientations du pays, au-delà des sujets de très court terme