Les Etats-Unis avancent leurs propositions pour réfréner la fièvre des bonus
Wall Street a beau avoir renoué avec des pratiques salariales débridées (lire L’Agefi du 3 février), les régulateurs américains ont décidé de s’attaquer, à leur façon, aux bonus. Ils le font de manière contrainte, sous la pression de la loi Dodd-Frank sur la réforme du secteur financier et des principes entérinés dans le cadre du G20. Première autorité de régulation à monter au créneau, l’agence fédérale en charge de la garantie des dépôts bancaires (FDIC) vient de soumettre une proposition s’appliquant en priorité aux établissements détenant un minimum de 50 milliards de dollars d’actifs. Ces derniers ont fait les gros titres ces dernières semaines : le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein,s’est ainsi vu allouer 12,6 millions de dollars de stock-options au titre d’un exercice 2010 déficitaire.
La FDIC souhaite que la moitié des rémunérations relatives aux performances attribuées à des responsables «désignés» de ces grandes institutions financières soit différée pour une période d’au moins trois ans. Les administrateurs de ces groupes devront également identifier individuellement les employés, notamment les traders, pouvant exposer la structure à un risque matériel et calibrer les bonus en conséquence. Objectif : éviter toute prise de risque inappropriée. Selon Sheila Bair, la présidente de la FDIC, cette proposition va permettre de «mieux aligner les pratiques de rémunération aux Etats-Unis avec celles qui ont été adoptées internationalement sous l'égide du Conseil de stabilité financière en 2009».
Sentant le vent tourner, des banques américaines ont voulu prendre les devants. Goldman Sachs a notamment validé un programme de rémunérations à long terme basées sur les performances futures du groupe, en complément de la performance boursière. De son côté, Citigroup a décidé de relever de 40 à 50% la part des bonus payable en actions au titre de 2010. Toujours est-il que le projet américain fait plutôt pâle figure à côté des mesures approuvées sur le Vieux Continent. En décembre dernier, le Comité européen des superviseurs bancaires présentait une série de limitations précises et contraignantes, avec en premier lieu une limitation de la partie en cash de 20 à 30% du bonus total et le versement de 40 à 60% des bonus sur un horizon de trois à cinq ans. Le projet de la FDIC doit désormais être avalisé par les autres régulateurs (notamment la Fed et la SEC) avant d'être soumis à consultation pendant 45 jours.
Plus d'articles du même thème
-
Le spécialiste chinois de l’IA DeepSeek devrait lever 10 milliards d’euros
L’opération pourrait valoriser la start-up plus de 65 milliards d’euros en amont d’une introduction en Bourse attendue en 2027. Les géants chinois CATL et Tencent participeraient à la levée de fonds. -
Claude prend racine sur l’écran des dirigeants financiers
Le baromètre Spendesk des outils technologiques met en avant le souhait de rationaliser la palette utilisée. -
Meridiam boucle un fonds de continuation de 4,5 milliards d'euros
La société française de gestion d’infrastructures prolonge de 25 à 45 ans la durée de vie du fonds Mina II et crée un nouveau véhicule composé de 15 actifs situés en Amérique du Nord, avec des infrastructures à New York, Miami et Los Angeles.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
In folioLittérature : Seth Greenland se fait une toile
Greenland excelle dans la reconstitution de l’époque, grâce aux détails historiques qu’il dissémine en arrière-plan de l’intrigue : maccarthysme, procès des époux Rosenberg, guerre de Corée, triomphe de John Cage, de Billy Wilder et de Merce Cunningham -
L'air du largePourquoi le vote démocratique traverse une crise de confiance historique
L'élection, moment fort de la vie démocratique, est devenue une fenêtre de vulnérabilité. Pour le grand public, elle est aussi devenu le révélateur de ses faiblesses -
Follow the money« On part là où nous avons de meilleures chances » : ces mouvements financiers qui trahissent l'inquiétude des républicains avant les midterms
A moins d'un mois des midterms, les républicains s'inquiètent de leur retard dans les sondages. Ils se retrouvent forcés d'augmenter leurs dépenses dans des Etats où Donald Trump s'était imposé largement, et de laisser le champ libre aux démocrates dans des Etats clés