Les entreprises sous LBO tentent de profiter des éclaircies sur le crédit
Alors que les indices macroéconomiques sont à la peine ces dernières semaines, les fenêtres de tir sont rares sur le marché du crédit. La volatilité reste importante. A la moindre baisse des tensions, il faut donc se précipiter. Les entreprises les plus endettées et donc les moins bien notées, qui réapparaissent sur le marché depuis trois semaines, cherchent des ouvertures pour renégocier certaines lignes de crédit. C’est le cas par exemple du fabricant de pneumatiques allemand Continental, qui lance une émission 500 millions d’euros pour refinancer une partie de sa dette arrivant à échéance en 2012. Cette ligne obligataire complète une augmentation de capital et un prêt bancaire.
«Les paiements de dividendes à travers les augmentations de capital ont été rares cette année, (…), les entreprises qui ont des dettes à fort effet de levier, se sont plus concentrées sur les refinancements ou l’extension de maturités, d’une certaine façon pour améliorer la structure de capital pour faire des paiements d’intérêts ou améliorer leurs conventions bancaires (covenants)», explique Standard & Poor’s dans une étude sur le marché des prêts européens. L’agence de notation constate par ailleurs que le nombre de requêtes d’amendements de covenants sont encore soutenues en 2010. Vingt renégociations de prêts ont déjà été effectuées sur le Vieux Continent depuis janvier, soit pratiquement l’équivalent de 2008.
Récemment, certaines entreprises ont décidé d’associer refinancement et distribution de dividendes (dividend recap). Nordenia (B/B2), une société d’emballage allemande a émis 280 millions d’euros sur 7 ans (avec une option de rachat à quatre ans) dans le but de refinancer une dette existante et de payer un dividende de 195 millions d’euros à son propriétaire Oaktree Capital.
L’entreprise de chimie Oxea (B+/B2) a de son côté effectué un roadshow à partir de mardi dernier, afin d'émettre 500 millions, également sur 7 ans, là encore avec une option de rachat à 3 ans. La société qui affiche aujourd’hui un effet de levier de 1,5 fois devrait retourner à ses niveaux de 2007 autour de 3,5 fois, si elle émet le montant souhaité. De ce total, 330 millions d’euros sont prévus pour le refinancement d’une dette senior, le reste sera distribué en dividende à son actionnaire, le fonds Advent International.
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