Les entreprises ne devraient pas affecter leur bilan avec les acquisitions
Le sentiment sur les perspectives économiques s’améliorant, les investisseurs obligataires européens sont de plus en plus nombreux à attendre un accroissement significatif de l’activité en fusions-acquisitions. Selon l’étude trimestrielle de Fitch Ratings qui leur est consacrée, ils sont précisément deux fois plus nombreux (15%) que le trimestre précédent à le penser.
Il est vrai que jusqu’ici les statistiques ont été orientées à la hausse. A fin avril, les volumes ont progressé de 19% dans le monde (696 milliards de dollars). Une progression qui se retrouve aussi en Europe (20%) si l’on retraite les chiffres de 2009 des investissements du Royaume-Uni dans RBS et Lloyds.
Ceci étant, les investisseurs obligataires ne s’inquiètent pas outre mesure des volumes de fusions-acquisitions à venir. «Seulement 11% des investisseurs s’attendent à ce que l’essentiel des entreprises paient leurs acquisitions intégralement en cash», rapporte l’agence de notation. Les sondés sont en effet une très grande majorité (84%) à estimer que les acquéreurs utiliseront un mélange de cash et d’actions pour financer leur croissance externe, de manière à préserver leur profil de crédit. Les dernières statistiques leur donnent en tout cas raison. Selon Dealogic, la part des deals réglés en cash a chuté de 18 points depuis 2008, à 58%.
Ce constat de prudence des obligataires vaut également pour les dépenses d’investissement (capex). Ainsi, malgré le retour attendu des transactions, les investisseurs obligataires sont encore 79% à juger que la préservation d’un coussin de liquidité (et par conséquent des notations) est une priorité aux yeux des dirigeants d’entreprises européennes.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed passe son tour, Jerome Powell aussi
La Réserve fédérale américaine maintient ses taux inchangés mais conserve un « biais accommodant ». Jerome Powell restera gouverneur de l'institution pour une durée indéterminée à la fin de son mandat de président. -
Les prix du gaz naturel européen redeviennent une préoccupation
Les cours de l’énergie ont à nouveau bondi mercredi après des informations selon lesquelles le président Donald Trump aurait demandé à ses conseillers de se préparer à un blocus prolongé de l’Iran. Un décalage d’un mois ne serait pas dramatique pour les prix du gaz européen. Un décalage de deux mois pourrait en revanche changer le calendrier de reconstitution des stocks, et causer un cercle vicieux pouvant ramener les cours TTF au-dessus de 100 euros/MWh. -
L'érosion des frais d'investissement s'accentue
Selon l’Autorité des marchés financiers, les coûts des placements poursuivent leur repli en 2025. Une dynamique portée par la gestion indicielle et la montée des acteurs à bas coût.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
- MoneyGram va payer 1,3 million d’euros pour ses failles dans la lutte contre le blanchiment
Contenu de nos partenaires
-
Action-réactionCéline Calvez (EPR) : « L’audiovisuel public sera une problématique incontournable de la prochaine présidentielle »
La députée macroniste, vice-présidente de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, revient sur le rapport de Charles Alloncle et dévoile la contribution que va déposer son groupe -
Fait minoritairePrésidentielle : les candidats s'inquiètent déjà de leur future majorité
Dans un entretien à l'AFP, Marine Le Pen estime qu'il serait préférable de gagner face à Edouard Philippe plutôt que Jean-Luc Mélenchon, pour revendiquer une victoire de choix et non de rejet. Une façon de jouer l'apaisement alors que certains craignent de ne pas disposer d'une majorité pour gouverner -
Vieille lune« Démarchandisation » : Boris Vallaud, marchand de rêves
Le rival d'Olivier Faure au PS, Boris Vallaud, tente de renouveler les idées de la gauche. Son concept de « démarchandisation » passe à côté de nombreux problèmes économiques et sociaux de la France