Les entreprises ne devraient pas affecter leur bilan avec les acquisitions

Selon l’étude trimestrielle de Fitch, à peine plus de 10 % des investisseurs obligataires pensent que les transactions à venir seront payées en cash
Olivier Decarre

Le sentiment sur les perspectives économiques s’améliorant, les investisseurs obligataires européens sont de plus en plus nombreux à attendre un accroissement significatif de l’activité en fusions-acquisitions. Selon l’étude trimestrielle de Fitch Ratings qui leur est consacrée, ils sont précisément deux fois plus nombreux (15%) que le trimestre précédent à le penser.

Il est vrai que jusqu’ici les statistiques ont été orientées à la hausse. A fin avril, les volumes ont progressé de 19% dans le monde (696 milliards de dollars). Une progression qui se retrouve aussi en Europe (20%) si l’on retraite les chiffres de 2009 des investissements du Royaume-Uni dans RBS et Lloyds.

Ceci étant, les investisseurs obligataires ne s’inquiètent pas outre mesure des volumes de fusions-acquisitions à venir. «Seulement 11% des investisseurs s’attendent à ce que l’essentiel des entreprises paient leurs acquisitions intégralement en cash», rapporte l’agence de notation. Les sondés sont en effet une très grande majorité (84%) à estimer que les acquéreurs utiliseront un mélange de cash et d’actions pour financer leur croissance externe, de manière à préserver leur profil de crédit. Les dernières statistiques leur donnent en tout cas raison. Selon Dealogic, la part des deals réglés en cash a chuté de 18 points depuis 2008, à 58%.

Ce constat de prudence des obligataires vaut également pour les dépenses d’investissement (capex). Ainsi, malgré le retour attendu des transactions, les investisseurs obligataires sont encore 79% à juger que la préservation d’un coussin de liquidité (et par conséquent des notations) est une priorité aux yeux des dirigeants d’entreprises européennes.

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