Les dirigeants des banques suisses poseront la question de confiance

Les assemblées générales d’UBS et de Credit Suisse, organisées cette semaine, seront dominées par les rémunérations et la question des litiges
Antoine Landrot

Les dirigeants d’UBS et de Credit Suisse devront apaiser leurs actionnaires à l’occasion des assemblées générales des deux établissements helvétiques, les 7 et 9 mai. La hausse des rémunérations et la montée inquiétante du risque juridique alimentent toujours la chronique.

La fondation suisse Ethos, qui regroupe 138 investisseurs institutionnels, a d’ores et déjà émis des positions de défiance. «De nouvelles provisions ont dû être effectuées en 2013, à hauteur du double de la valeur du dividende versé aux actionnaires, aussi bien à l’UBS qu’au Credit Suisse. Par ailleurs, de nouveaux éléments sont apparus, liés notamment à la vente de produits financiers et au traitement des affaires fiscales aux Etats-Unis, ainsi (chez UBS) qu’à de graves soupçons de manipulation des taux de change. Cela démontre que les conseils d’administration peinent à maîtriser le contrôle des opérations qui sont menées par ces établissements bancaires, ce qui conduit Ethos à recommander de refuser de décharger les administrateurs», indique Ethos.

Concernant la politique de rémunérations variables des deux groupes, la fondation estime qu’elle se situe en porte-à-faux avec les dispositions de l’Union européenne, notamment à l’égard des professionnels exerçant des fonctions de prise de risques.

Dans ce contexte, les AG d’UBS et de Credit Suisse seront l’occasion pour les actionnaires de s’exprimer sur les modifications statutaires provoquées par l’ordonnance contre les rémunérations abusives, entrée en vigueur le 1er janvier 2014. Dans ce cadre, UBS propose que les salaires de base soient déterminés en AG de manière prospective (en début de période) et les variables de manière rétrospective, lorsque les résultats sont connus. Credit Suisse propose des modifications moins nettes, l’approbation de la rémunération des dirigeants pouvant se faire «à l’avance ou rétroactivement».

Les recommandations sont aussi l’occasion de tacler des acteurs gravitant autour des banques. Ainsi, Ethos s’oppose à la réélection d’EY (ex-Ernst & Youg) en tant que commissaires aux comptes d’UBS. «En 2013, le réviseur [EY] a facturé des honoraires totaux de 116 millions de francs. Ethos n’est pas satisfait de la qualité de la révision de ces dernières années, le réviseur n’ayant détecté aucun des récents scandales qui ont touché UBS», explique la fondation.

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