Les dettes hybrides profitent d’un contexte favorable
Après plusieurs semaines de calme estival, la reprise du marché primaire euro corporate fait la part belle aux obligations hybrides avec 5 milliards d’euros dans ce format sur 6 milliards émis. «Ces instruments de dette subordonnée sont plus sensibles à la volatilité sur les marchés et nécessitent donc une fenêtre d’émission particulièrement favorable par rapport à des obligations senior», explique Blaise Bourdy, responsable des émissions de dette d’entreprises en France chez SG CIB. Les émetteurs ont aussi profité de la faible activité sur le primaire. A cela s’ajoute la forte demande des investisseurs alors que les spreads de l’investment grade corporate sont revenus à leur niveau de mars. «La bonne performance de la double tranche hybride émise par Vodafone a incité d’autres émetteurs comme OMV à réaliser leur opération dans la foulée», illustre Cécile Bidet, responsable DCM solutions et advisory chez CA CIB.
«Les entreprises ont accès au marché obligataire, y compris hybride, grâce à la baisse des ‘spreads’», affirme Atul Sodhi, responsable mondial DCM chez CA CIB. Au total, le coût de financement moyen à 5 ans a diminué de 40 points de base depuis début juillet. «Avec le ralentissement économique, les profits de certains émetteurs sont sous pression, ce qui peut affecter leur rating. Les obligations hybrides sont un bon moyen de protéger leur notation», poursuit-il.
Les objectifs recherchés sont variés : refinancement de dette existante pour Solvay, Total et Finnair, financement de l’achat d’actions pour Vodafone et financement du solde d’une acquisition pour OMV, tout en préservant les fonds propres. «Dans le cas des refinancements, cela ne fonctionne que si les rendements sont plus faibles», indique Blaise Bourdy. Total a ainsi émis avec un rendement de 2% à 10 ans pour rembourser une souche existante avec un rendement de 2,25%. Finnair, qui n’est pas notée, a été la première compagnie aérienne à émettre depuis la crise du Covid-19 avec un rendement de 10,25%. «Finnair avait trois possibilités : rembourser la souche existante lors du call en octobre sans la remplacer mais ses fonds propres diminuaient de 200 millions d’euros, ne pas exercer le call mais accepter une augmentation du coupon à plus de 12% ou refinancer la dette existante avec une émission nouvelle, certes avec un coût élevé mais moindre que de ne pas rembourser», indique Arnaud Mezrahi, co-responsable de l´ingénierie financière obligataire chez SG CIB. Les spécialistes attendent une poursuite des émissions sur ce marché où 26 milliards d’euros ont déjà été émis depuis le début de l’année.
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