Les débuts irrationnels de Palantir à Wall Street
Palantir Technologies a bondi sur le marché pour son premier jour de cotation mercredi à Wall Street sur le Nyse (New York Stock Exchange), avec une valorisation dépassant les 20 milliards de dollars. Lors de cette entrée en Bourse (IPO), l’action, introduite à un cours de référence de 7,25 dollars, s’est vite envolée pour toucher un plus haut à 11,42 dollars. En clôture, le titre affichait une progression de 31,03% à 9,50 dollars.
Les banques de Palantir avaient indiqué aux investisseurs que la cotation du titre pourrait commencer autour de 10 dollars, ce qui équivaut à une valorisation de près de 22 milliards de dollars sur une base totalement diluée.
Palantir a opté pour un mode d’introduction inhabituel, la cotation directe – Spotify et Slack y ont recouru. Elle consiste à proposer leurs titres directement à la vente sur le marché, le prix s'équilibrant en fonction de l’offre et de la demande.
Depuis quelques semaines, les entreprises accélèrent pour réaliser leur IPO au plus vite à Wall Street, où les investisseurs accueillent à bras ouverts les nouvelles actions avant une élection présidentielle susceptible d’accentuer la volatilité des marchés. Plus encore autour des valeurs tech, de facto une valeur refuge. L’entreprise de logiciels Snowflake a explosé lors de son arrivée à Wall Street le 16 septembre. Les sociétés ont levé 61 milliards de dollars via des IPO ce trimestre, selon des données compilées par l’agence Bloomberg. Mercredi, la société de logiciels Asana, elle aussi soutenue par Peter Thiel, via son fonds Founders Fund, arrive également sur les marchés.
Mais cette envolée boursière de Palantir a laissé les analystes partagés, au vu de la réputation sulfureuse de ce géant américain de l’analyse de données, dont un logiciel vedette, nommé Gotham, croise des données de provenances multiples - de la santé, des impôts, ou des coordonnées GPS. En 2003, l’entrepreneur Peter Thiel, cofondateur de Paypal, a aidé la firme à décoller avec un tout premier financement provenant de la CIA, la principale agence de renseignements américaine.
Pourtant, Palantir n’a toujours pas atteint la rentabilité, en 17 ans d’existence. En 2019, elle comptait 580 millions de dollars de pertes pour un chiffre d’affaires de 780 millions de dollars. Au premier semestre 2020, elle réalisait 481 millions de dollars de chiffre d’affaires pour une perte opérationnelle de 169 millions. Elle a environ 125 clients actuels, dont le principal, l’US Army, génère 15% des revenus, selon Bloomberg. En France, Airbus, Sanofi - et la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), depuis les attentats de Paris du 13 novembre 2015 - figurent parmi ses clients.
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