Les CMBS ne satisfont pas aux exigences de transparence de la BCE
Les banques de la zone euro ne peuvent pas compter sur les titrisations adossées à de l’immobilier commercial pour se refinancer auprès de la Banque centrale européenne (BCE). Les titres d’un seul CMBS, FCC Poundreed Properties, sont acceptés en collatéral, selon la recherche de Barclays. Ceux des autres transactions ne sont pas éligibles faute de transparence sur les prêts sous-jacents.
En 2010, la BCE a en effet décidé de faire la lumière sur les prêts auxquels sont adossés les titrisations en demandant que les informations sur ces derniers soient consignées dans un registre public, baptisé depuis «The European DataWarehouse». Les données doivent être régulièrement mises à jour. Cette initiative est censée faciliter, grâce à des formulaires standardisés, l’analyse des ABS par les investisseurs. In fine, cette transparence accrue doit permettre de restaurer la confiance dans le marché de la titrisation.
Dès le 1er janvier de cette année, des détails sur les titrisations adossées à de l’immobilier résidentiel (RMBS) et à des prêts aux PME (ABS de PME) ont dû être publiés. Depuis le 1er mars dernier, les CMBS sont aussi concernés. Les autres classes d’actifs, comme les ABS auto, ne seront pas incluses dans le projet avant le 1er janvier 2014. La BCE a prévu une phase de transition pour permettre aux acteurs de satisfaire progressivement à ces exigences. Un niveau minimal d’information est en tout cas requis pour que les transactions puissent être apportées en collatéral.
«Nous ne sommes pas surpris que pour la grande majorité des CMBS européens, des informations au niveau des prêts n’aient pas été fournies. Cependant, nous aurions pensé que pour quelques CMBS phares (par exemple Grand), les parties prenantes se seraient assurées d’être conformes à la régulation de manière à ce que les titres seniors de ces transactions restent éligibles au guichet de la BCE», s’étonne Christian Aufsatz, analyste titrisation chez Barclays.
Le spécialiste juge difficile de déterminer si les CMBS qui ne peuvent pas être déposés en collatéral aujourd’hui seront pénalisés sur le marché. «A long terme, le non-respect des exigences de transparence de la BCE sur les prêts sous-jacents pourrait être négatif pour les CMBS émis après 2011, étant donné qu’il y a aujourd’hui une tendance à lier le projet de la BCE aux autres régulations», explique-t-il cependant, en évoquant les régulations en cours d’adoption des banques et des assurances (CRD 4 ou Solvabilité 2).
{"title":"","image":"79835»,"legend":"titrisations»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’achemine vers une hausse de taux en décembre
Malgré une décision unanime de ne pas remonter les taux pour l’instant, les gouverneurs de la banque centrale ont envoyé le message d’un nouveau resserrement le 17 décembre. Sauf accident sur la croissance, le mouvement devrait même se poursuivre malgré les hausses de taux longs déjà restrictives. -
Shell et Repsol décident d’accroître leur retour aux actionnaires
Après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus, les deux énergéticiens ont relevé le montant de leurs rachats d’actions. -
Andera Partners investit 60 millions dans Tyls
La société d'investissement prend une participation minoritaire dans le réseau d’expertise comptable dans le cadre d'une opération sponsorless.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Tutti fascisti !« Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
Pour affronter Marine Le Pen, le leader des insoumis cherche à effacer la partie centrale de l'échiquier politique et repousse les socialistes dans le camp des fascistes -
Au nom de la loiCouvre-feux, manifs interdites, drones : nos libertés sous cloche ?
Depuis dix ans, le pouvoir macroniste a multiplié les textes sécuritaires. Avec l’objectif de répondre à la demande croissante d’ordre et d’autorité. Mais au risque de rompre l’équilibre fragile entre sécurité et libertés fondamentales -
Maintien de l’ordre : combien de temps les policiers pourront-ils tenir ?
Les forces de l’ordre, durement éprouvées le 17 octobre, sont sous pression depuis le début du mouvement lycéen il y a cinq semaines. Sans issue politique à l'horizon, combien de temps pourront-elles tenir ?