Les cessions de portefeuilles de prêts devraient progresser en Europe
Les exigences réglementaires de Bâle 3 et la crise de la zone euro à partir de 2011 ont poussé les banques européennes à réduire considérablement la taille de leur bilan, en se délestant de portefeuilles de créances. Selon une étude de PricewaterhouseCoopers (PwC), la valeur nominale des transactions a quadruplé entre 2010 et 2012, passant de 11 milliards à 46 milliards d’euros. Entre 2011 et l’année dernière, elle a progressé de 28%.
Cette croissance a été portée par l’Allemagne et la France. Outre-Rhin, les cessions étaient inexistantes en 2011 (moins d’1 milliard d’euros). Elles ont atteint 10,2 milliards l’année dernière, soutenues par les portefeuilles de créances immobilières commerciales et de prêts «spécialisés», c’est-à-dire adossés à des actifs tangibles (maritime, infrastructures, aéronautique et énergie), à hauteur de 5 milliards chacun.
Egalement très peu actives en 2010, les banques françaises ont dû, à partir de juin 2011, face à la forte pression des marchés, réduire leur dépendance au dollar et alléger leur bilan, traditionnellement déséquilibrés. Elles ont privilégié leurs portefeuilles spécialisés, plus exposés à la devise américaine. La plupart des cessions ont été conclues en 2012, pour une valeur nominale totale de 10 milliards: le montant des transactions passe de moins de 1 à 9 milliards, dont 8 provenant de crédits spécialisés.
Les banques britanniques ont également soutenu le marché, avec 10,2 milliards d’euros de créances cédées en 2012 (contre 8,9 milliards en 2011). Très affecté par l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, l’immobilier commercial domine les transactions (6 milliards en 2012, 5 milliards en 2011).
La tendance devrait durer selon PwC, qui prévoit un marché à 60 milliards d’euros en 2013, dont 15 milliards dans l’immobilier commercial. Le cabinet anticipe aussi l’émergence de transactions en Europe centrale. «Les banques européennes vont accélérer leur programme de réduction de bilan. Même si cela représente une progression significative par rapport aux 46 milliards d’euros enregistrés en 2012, ce n’est qu’une petite portion des 2.500 milliards de prêts non stratégiques identifiés par les banques», indique Richard Thompson, consultant chez PwC.
Le marché serait aussi porté par l’arrivée de nouveaux investisseurs, attirés par la vente d’actifs de qualité mais offrant un rendement limité, catégorie que l’on a peu vue en 2012. Le processus de cession pourrait durer encore cinq ans.
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