Les « Big Four » de l’audit butent sur les barrières des autorités chinoises
Pékin met la pression sur les grands cabinets d’audit, les «Big Four». «Les autorités chinoises ont indiqué depuis un certain temps que les Big Four devront s’adapter aux pratiques des firmes locales au moment où les coentreprises cesseront», explique Winnie Cheung, le directeur général de l’Institut des Comptables publics certifiés de Hong Kong.
En plein doute sur la fiabilité des informations financières des sociétés chinoises qui s’introduisent sur les Bourses étrangères, les autorités chinoises comptent profiter de l’expiration dans le courant de l’année des partenariats signés il y a vingt ans avec KPMG, Deloitte Touche Tohmatsu et Ernst & Young pour imposer au carré magique des grosses sociétés d’audit internationales des associés chinois rompus aux règles comptables du pays. PricewaterhouseCoopers bénéficie d’un sursis, son partenriat prenant fin en 2015.
Face à cette épée de Damoclès, les Big Four ont entamé des négociations avec les autorités chinoises, craignant le manque d’expérience et de fiabilité des comptables chinois, mais aussi une perte de contrôle. «Les Big Four vont souhaiter retenir suffisamment d’associés qualifiés étrangers dans les négociations afin de garder le contrôle sur leurs activités pendant encore quelques années supplémentaires», afin d’assurer la transition vers des filiales «entièrement sous contrôle chinois» explique Paul Gillis, professeur de comptabilité à l’université de Pékin.
Dans les cinq dernières années, les sociétés ont doublé le nombre de comptables chinois qualifiés employés, même si beaucoup d’entre eux ont eu leur diplôme à Hong Kong, aux Etats-Unis ou en Europe. En 2010, les Big Four ont dégagé 9,5 milliards de yuans (environ un milliard d’euros) de revenus cumulés, mais subissent une concurrence accrue sur le marché chinois avec une érosion de leur part de marché de 85% en 2006 à 70% en 2010.
Ces négociations se tiennent sous le regard des autorités comptables américaines, actuellement en pourparlers avec Pékin afin d’avoir accès aux comptes des sociétés chinoises cotées aux Etats-Unis, à la suite de scandales comptables ayant conduit à des retraits de la cote. «Si les changements dans la structure des sociétés d’audit desserrent leurs liens avec les Etats-Unis, les problèmes rencontrés par la SEC dans son programme de respect des règles en Chine devraient s’accroître» estime William McGovern, associé chez Kobre & Kim à Hong Kong.
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