Les banques reconstituent en partie leurs marges sur les prêts aux entreprises
Les banques profitent-elles de la baisse des taux pour reconstituer leurs marges vis-à-vis des entreprises? Les chiffres de l’Observatoire du crédit, publiés jeudi, croisés avec ceux de la Banque de France apportent un élément de réponse. La ministre de l’Economie Christine Lagarde s’est réjouie de l’évolution du coût des prêts entre octobre et décembre, calculés à partir des taux pratiqués par les établissements participant aux dispositifs publics de soutien (SFEF et SPPE).
Comparer ces taux avec ceux du marché interbancaire donne des résultats différents selon les critères utilisés. Selon la Banque de France, les prêts aux entreprises dont la période de fixation initiale des taux (PFIT) est inférieure ou égale à un an connaissent une baisse proche de celle de l’Eonia, qui représente les prêts au jour le jour en euro non garantis: respectivement 135 pb (à 4,21%) et 133 pb (à 2,49%). En revanche, les crédits d’une PFIT supérieure à un an n’ont bénéficié que de 38 pb de baisse (à 5,1%). Cela dit, les banques doivent également prendre en compte le marché obligataire dans le coût de financement. Or, selon la Banque de France, les émissions des institutions financières européennes ont été réalisées à un coût de 5,92% en décembre, soit seulement 58 pb de moins qu’en octobre.
L’écart évolue également selon la taille des emprunteurs. Selon l’Observatoire, le recul des taux est de 130 points de base (pb) pour les prêts supérieurs au million d’euros (de 5,45% à 4,15%), mais de 40 pb seulement pour les crédits d’un montant inférieur (à 5,30%). En temps de crise, la tentation est forte de compenser le risque plus élevé lié aux PME.
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