Les banques grecques se préparent à affronter les marchés
Les banques grecques se mettent en ordre de marche pour accéder au marché et renforcer leurs fonds propres. La Banque du Pirée, le deuxième établissement de crédit du pays, a annoncé vendredi son intention de convoquer le 28 mars une assemblée générale extraordinaire des actionnaires, pour statuer sur une augmentation de capital – laquelle pourrait représenter jusqu’à 1,75 milliard d’euros. L’opération est programmée pour le mois d’avril.
L’objectif de la Banque du Pirée est de couvrir ses besoins en fonds propres. D’après les tests de résistance menés par la société de gestion BlackRock l’année dernière et publiés jeudi par la banque centrale grecque, l’établissement a besoin de 425 millions d’euros selon l’hypothèse basse et de 757 millions selon le scénario défavorable. En outre, le solde des capitaux récoltés servirait à renforcer son ratio de fonds propres durs, pour qu’il atteigne sous Bâle 3 (sans mesure transitoire) 12%. La banque veut également renforcer son flottant.
Parallèlement, ses dirigeants rencontrent à partir de cette semaine les investisseurs en vue d’une émission de dette senior non garantie, arrangée par BNP Paribas, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs et HSBC. Selon l’agence de presse ANA, ils espèrent collecter environ 500 millions d’euros. Il s’agira de la première émission publique de dette d’un établissement grec depuis 2009.
Eurobank Ergasias, le troisième prêteur grec, a indiqué de son côté qu’il convoquerait une assemblée générale des actionnaires pour statuer sur une augmentation de capital. Totalement nationalisé l’année dernière après l’échec de sa fusion avec National Bank of Greece (NBG), Eurobank est l’établissement auquel il manque le plus de fonds propres: 2,95 milliards d’euros.
Les besoins totaux des établissements grecs ont été évalués à 6,38 milliards d’euros par BlackRock. Les quatre banques considérées comme systémiques par les autorités bancaires européennes représentent à elles seules 5,8 milliards d’euros. En dehors de la Banque du Pirée et d’Eurobank, NBG, leader du marché, affiche une insuffisance de 2,18 milliards et Alpha Bank de 262 millions.
Parmi les établissements non systémiques, Attica Bank aurait besoin de 397 millions d’euros, tandis que le déficit de fonds propres atteint 169 millions pour Panellinia Bank.
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