Les banques françaises sont plus exposées, en relatif, aux périphériques
A chaque fois qu’un pays traverse des difficultés, la préoccupation des investisseurs consiste à déterminer les banques les plus exposées. A ce petit jeu pas toujours rigoureux, les établissements français sortent rarement gagnants.
Depuis la crise grecque, ils se retrouvent régulièrement dans le collimateur. Il est vrai que les chiffres pris sans recul ne plaident pas toujours en leur faveur. Ainsi, selon la dernière étude de Deutsche Bank, qui reprend des données de la Banque des règlements internationaux (BRI), les banques hexagonales affichent les taux d’exposition aux économies et Etats grecs, irlandais et portugais les plus élevés rapportés à leurs actifs. Les banques allemandes suivent de près en particulier en Grèce. Les britanniques sont plus particulièrement exposés à l’Irlande.
Cela dit, «ces chiffres montrent que l’exposition aux foyers de tension actuels semble limitée si on la rapporte aux actifs totaux des banques», relativisent les analystes de Deutsche Bank. La Grèce pèse ainsi 0,27% des actifs des établissements français, en raison notamment de la présence de filiales locales, l’Irlande 0,09% et le Portugal 0,2%.
En valeur, le classement diffère: selon Deutsche Bank, les banques allemandes totalisaient 213 milliards d’euros de créances à l’égard de ces trois pays, suivies par les britanniques (166 milliards) et les françaises (142 milliards).
Considérer le poids d’un pays dans l’activité de prêt d’une banque donne encore une autre lecture. Ainsi, les systèmes belge et danois consacrent plus de 7% de leurs prêts étrangers à l’île d’Emeraude, alors que celle-ci ne reçoit que 4,6% et 3,5% des prêts allemands et britanniques. «En revanche, l’Irlande représente moins de 2% des financements étrangers de la plupart des autres pays», indique l’étude. Rapporté aux pays d’Europe centrale, les banques grecques et autrichiennes sont les plus exposées.
En outre, les montants agités par les marchés ne font aucune discrimination entre les actifs. Selon Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue, «il n’y a pourtant aucune commune mesure en terme de qualité entre la dette publique irlandaise, dont le remboursement sera au pire rééchelonné, et les véhicules titrisés de créances hypothécaires ou de LBO américaines.» De même, les banques britanniques sont largement plus exposées au secteur privé irlandais, plus en risque, que les françaises (114 milliards contre 20 milliards d’euros, selon la BIS).
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