Les banques européennes signent leur pire année en Bourse depuis 2012
Après la faillite de Lehman Brothers en 2008, les banques européennes croyaient avoir touché le fond en 2012, en pleine crise de la zone euro. Mais 2016 aura été pour elles une nouvelle année noire. Après le vote du Brexit, leur valorisation a dégringolé, jusqu’à atteindre un nouveau point bas historique pour les établissements cotés en zone euro. Après une chute de 35% au premier semestre, dans le sillage du référendum britannique du 24 juin, l’indice Euro Stoxx 600 Banks a finalement terminé l’année en baisse de 6,77% depuis le 1er janvier dernier, contre un recul de 1,20% pour l’Euro Stoxx 600 dans son ensemble. Le secteur affichait vendredi une valeur moyenne sur actif net de seulement 0,69 fois. L’indice des seules banques de la zone euro, l’Euro Stoxx Banks a, lui, cédé 7,98% sur l’année. Le mouvement de baisse avait débuté dès janvier, avec les craintes sur le prix des matières premières, l’économie chinoise ou encore la solidité de Deutsche Bank.
Les banques allemandes et, au Sud, les italiennes et les espagnoles affichent les pires performances de l’année, du fait d’inquiétudes sur leur solvabilité et leur rentabilité. Malgré son récent accord avec les autorités américaines, Deutsche Bank a perdu 23,42% sur l’année. Monte Paschi, dont le gouvernement italien négocie de nouveau le sauvetage avec les autorités européennes, signe la pire performance en cédant 82,7%, tandis que ses compatriotes Banco Popolare et Popolare di Milano, en pleine fusion, ont chuté de respectivement 74,8% et 60,4%. UniCredit reste en recul de 45,1%, après l’annonce d’un plan de recapitalisation en décembre. Même le leader italien Intesa Sanpaolo n’est pas épargné (-18,7%).
A l’inverse, toutes les banques françaises finissent l’année dans le vert : +2,7% pour Natixis, +8,3% pour Crédit Agricole SA, +9,8% pour la Société Générale et +15,9% pour BNP Paribas. Elles n’égalent toutefois pas le record de l’autrichienne Raiffeisen (+27,8%) et la vigueur boursière de certaines banques nordiques comme ABN Amro (+22,6%) et des sino-britanniques HSBC (+22,8%) et Standard Chartered (+17,7%). Ces dernières ont sans doute profité du redressement de l’indice britannique FTSE 100 qui finit l’année à un pic historique, dopé par la baisse de la livre et le rebond des minières. Pour autant, Barclays progresse de seulement 2,1%, tandis que Lloyds Banking Group et RBS continuent de payer leurs erreurs passées, à -14,5% et -25,6%.
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