Les banques européennes durcissent leurs rémunérations variables
A quelques semaines du versement des bonus 2012 de leurs équipes, les banques de financement et d’investissement (BFI) européennes commencent à dévoiler leur stratégie. Ainsi, Credit Suisse va de nouveau asseoir une partie des rémunérations variables sur ses actifs toxiques, tout en limitant le nombre de bénéficiaires. Selon Reuters, environ 2.000 managing directors et directors de la BFI seront concernés cette année, contre 5.500 cadres du groupe dans son ensemble lors de la précédente mouture, début 2012.
Credit Suisse avait alors créé un véhicule abritant 12 milliards de dollars (9,2 milliards d’euros) d’obligations adossées à des dérivés, avec un taux d’intérêt attractif. La valeur du versement définitif dépendra toutefois de l’évolution des actifs sous-jacents sur plusieurs années. Pour la banque, ce type de mécanisme permet de transférer des risques de son bilan vers ses employés. Il l’aide aussi à réduire la part du bonus versée en numéraire, très encadrée en Europe, et la part en actions, de plus en plus décriée. Le montant de l’enveloppe totale devrait être en baisse, alors que le groupe a lancé cet automne un nouveau plan d’économies.
Si l’initiative de Credit Suisse reste isolée, d’autres BFI préparent un durcissement de leur politique de rémunération sous la pression des actionnaires et des régulateurs.
Chez RBS, les bonus des traders devraient être amputés du montant de l’amende que la banque britannique -quasi-nationalisée- devra payer dans le cadre de l’enquête sur la manipulation du taux Libor, a révélé le Sunday Times. Soit un manque à gagner de plusieurs centaines de milliers d’euros. En septembre dernier, Deutsche Bank a annoncé la création d’un comité d’experts indépendants pour évaluer ses pratiques, sans plus de détails.
De son côté, Barclays devrait dévoiler ses intentions lors de sa journée investisseurs, le 12 février prochain, sous l’impulsion d’Hector Sants. L’ancien numéro un de la Financial Services Authority prend ce mois-ci les rênes de la conformité et du lobbying au sein du groupe britannique.
Outre-Atlantique, le patron de Morgan Stanley, James Gorman, a reconnu récemment que «l’industrie (financière, ndlr) est encore trop payée», mais de nombreux observateurs s’attendent à des bonus plus élevés qu’en Europe. Jefferies a même créé la surprise. Selon Bloomberg, la petite banque d’affaires américaine devait verser le mois dernier des bonus intégralement en cash.
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