Les banques étrangères font du surplace en Chine
Les banques étrangères qui ont pris pied en Chine peinent à décoller. Alors que les revenus générés par le marché bancaire domestique ont crû en moyenne de 15% par an sur les cinq dernières années, la part de marché de ces banques n’a que peu évolué sur la période et reste globalement inférieure à 7%, selon une étude réalisée par Oliver Wyman.
Cette faible pénétration s’explique par d’importantes barrières à l’entrée pour des activités telles que les émissions d’obligations interbancaires (moins de 1% de part de marché entre 2006 et 2011), où la plupart des banques étrangères n’ont toujours pas reçu la licence nécessaire. Des activités telles que le prêt aux entreprises (2,3% contre 2% en 2006) pâtissent d’un accès limité aux dépôts et à la base de clientèle.
Cette absence de taille critique s’accompagne logiquement d’une faible rentabilité, avec un ratio coût sur bénéfice moyen des banques étrangères largement inférieur à celui des banques domestiques. L’exemple le plus probant s’illustre dans les activités titres où ce ratio dépasse les 90% dans la plupart des coentreprises, contre une moyenne de 60% au sein du secteur et une fourchette de 40-50% pour les acteurs locaux les plus établis.
La patience des banques étrangères s’explique par les solides perspectives de croissance du marché bancaire chinois, attendues à 10% par an au cours de la prochaine décennie par Oliver Wyman. Pour autant, «les bénéfices de cette croissance vont en majeure partie profiter aux institutions domestiques», relève l’étude.
«Les relations clients avec les entreprises publiques et les grandes sociétés resteront dominées par les importants champions domestiques, grâce aux solides connexions établies avec le gouvernement», estime Oliver Wymen, ajoutant que les banques étrangères continueront par ailleurs à souffrir des contraintes de licences, comme par exemple dans les produits dérivés.
Afin de tirer leur épingle du jeu, les banques étrangères disposent toutefois de leviers, selon le cabinet de conseil. Celles-ci «doivent se centrer sur des activités où la sophistication est importante et où les avantages en termes d’échelle et de distribution sont moins prononcés pour les banques domestiques», relève Oliver Wyman, citant les produits structurés ou le financement dans le secteur high-tech.
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