Les banques écoulent le stock de financements de LBO hérité de 2011
Les sociétés sous LBO (leveraged buyouts, acquisition à effet de levier) qui patientaient dans la salle d’attente depuis l’été dernier sont parvenues à se refinancer. Le mois dernier, les dernières syndications bancaires et émissions de dette à haut rendement (high yield) ont été souscrites avec succès, comme l’attestent, en France, l’émission de 375 millions d’euros organisée pour la société d’ingénierie Spie et le placement de la dette bancaire d’Oberthur.
Le premier semestre 2011 avait été particulièrement vigoureux pour les opérations de LBO. La crise de la zone euro a, entre autres conséquences, provoqué le retrait des banques européennes et des investisseurs des marchés financiers, en particulier les leveraged loans. Selon les statistiques de S&P Capital IQ, les financements de LBO en Europe avaient atteint un pic de 12 milliards d’euros en mai et encore 9 milliards en juillet, avant de s’effondrer au mois d’août (à un niveau quasiment nul), pour reprendre timidement à la rentrée et s’effondrer de nouveau en décembre.
Les banques arrangeuses détenaient dans leurs livres un stock important de dettes en attente de souscription ou de refinancement. Dans le cas de Spie par exemple, Morgan Stanley, la Société Générale et HSBC ont dû mettre en place un crédit-relais de 375 millions d’euros pour la partie junior de la dette, alors que la dette bancaire senior était placée sans difficulté majeure.
La réouverture relative du marché de dette en ce début d’année –que l’on doit à la détente sur les taux depuis l’action de la Banque centrale européenne via ses injections à 3 ans– a donc permis aux banques de purger leurs livres. Elles sont essentiellement passées par le marché high yield. Depuis le début de l’année, le montant des émissions à haut rendement est supérieur à celui des prêts. Il a atteint 5,1 milliards d’euros en mars, contre 2,8 milliards pour la dette bancaire (à la date du 29), selon S&P Capital IQ.
Les établissements ont parfois dû faire des sacrifices en termes de prix au moment de la syndication des prêts bancaires, attestant la prudence des investisseurs. Dans le cas d’Oberthur, les banques ont syndiqué la dette à 95-96% de sa valeur nominale, affirme S&P LCD. Selon les statistiques de Dealogic, le montant de prêts relatifs aux LBO en Europe au premier trimestre 2012 a reculé de 26% en un an, à 40,2 milliards de dollars.
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