Les banques d’investissement marquent le pas en Europe
Les résultats semestriels des banques de financement et d’investissement (BFI) européennes, dont Credit Suisse a déjà donné un avant-goût, s’annoncent ternes. Les géants de Wall Street ont connu un deuxième trimestre difficile qui n’augure rien de bon de ce côté-ci de l’Atlantique. «Il nous semble désormais peu probable que les banques voient augmenter leurs revenus de BFI en 2012 contre 2011 malgré le deuxième semestre 2011 qui avait été exécrable», estiment les analystes de Natixis.
En moyenne, les revenus des cinq grandes BFI américaines ont reculé de 44% entre le premier et le deuxième trimestre dans les taux, change et matières premières. En excluant Morgan Stanley, le recul est de 37%, avec une stabilité sur un an. «Ces tendances sont en ligne avec nos prévisions pour les homologues européens», constatent les analystes de Citigroup. Si le trading de change s’est bien tenu, la faiblesse du taux et du crédit devrait pénaliser Deutsche Bank, dont ces métiers sont le point fort.
Sur les métiers actions, la baisse des revenus des banques américaines atteint près de 30% d’un trimestre à l’autre et 23% sur un an, «pire que nos attentes d’une chute de 20% pour les acteurs européens», note Citigroup. Le cash actions a surtout souffert, et UBS, leader européen, pourrait en pâtir.
Quant aux revenus de conseil (M&A et marché primaire), ils reculent de 3% sur le trimestre et de 29% sur un an. L’Europe devrait faire pire: si les émissions de dettes y ont été soutenues, les grandes transactions et les introductions en Bourse ont quasiment disparu.
«Les banques françaises devraient, en relatif, tirer leur épingle du jeu (la Société Générale et dans une moindre mesure BNP Paribas), profitant de la récurrence des revenus de leurs activités de financement, et de leur franchise dans les dérivés actions, métier qui a le mieux résisté chez les américaines», prévoient les analystes de Natixis.
L’adaptation des structures de coûts à cet environnement devrait donc se poursuivre. Le Crédit Agricole a signé la semaine dernière sa sortie du courtage actions. Deutsche Bank pourrait annoncer lors de ses résultats la suppression de 1.000 postes en banque d’investissement, soit 10% de l’effectif. Morgan Stanley supprimera 700 postes au deuxième semestre, portant le total à 4.000 sur l’année. Goldman Sachs a annoncé la semaine dernière un plan d’économies de 500 millions de dollars.
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