Les banques d’investissement accroissent la transparence sur les bonus

Les grands établissements européens identifient davantage de salariés susceptibles de leur faire courir des risques dans leurs rapports annuels 2011
Antoine Landrot
Illustration: Fotolia
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Les rapports annuels 2011 publiés par les principales banques de financement et d’investissement européennes font apparaître des tendances intéressantes dans les structures de bonus et les populations concernées – en attendant les précisions des établissements français.

Les salariés identifiés comme faisant courir des risques importants à l’établissement (baptisés «key risk-takers», «regulated employees», «code staff», etc.) ont connu une forte augmentation entre 2010 et 2011. Il s’agit des professionnels de marché, des cadres dans les fonctions de contrôle, ainsi que, chez Credit Suisse par exemple, les plus hautes rémunérations. Les raisons invoquées sont soit une évolution des règles nationales, soit une volonté de se conformer aux pratiques les plus courantes du secteur.

Deutsche Bank révèle ainsi que «l.363 employés réglementés ont été identifiés à l’échelle du groupe. Ce nombre a significativement augmenté par rapport à celui de 2010 – qui était de 168». La proportion a plus que doublé chez UBS – passant de 200 à 450. Chez Credit Suisse, cette population est passée de 514 début 2011 à 487 à la fin de l’année «en raison de départs». Les personnels en code staff étaient 238 chez Barclays fin 2011 et 231 un an plus tôt.

Mais cette catégorie de salariés reste faible par rapport à la masse des collaborateurs. Elle concerne par exemple 1,6% des 81.839 collaborateurs de Deutsche Bank et 1% chez Credit Suisse.

Ces populations sont parmi les plus concernées par les rémunérations différées, qui contiennent des clauses dites de «claw back», par lesquelles tout ou partie du bonus différé est susceptible de ne pas être versé par la banque. Des clauses qui ont été exercées cette année: UBS a par exemple «repris» 50% des bonus en titres accordés il y a un an et qui devaient être réglés en 2012.

Pour les salariés classés en code staff par Barclays, le versement différé représente jusqu’à 60% de la rémunération variable. La proportion est encore plus importante chez Credit Suisse, puisque la part différée versée à ses covered employees représente en cumulé 59,5% de leur rémunération totale (928 millions de francs) et plus de 80% de leur rémunération variable.

Les bonus, comme les banques l’ont déjà indiqué, sont résolument en baisse. La rémunération moyenne d’un employé réglementé a baissé de 37% chez Barclays, et de 62% chez Deutsche Bank, ce qui s’explique aussi par l'élargissement du bassin de population considéré.

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