Les banques centrales se tiennent prêtes face au risque d’un Brexit
Le rebond des intentions de vote en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) ces derniers jours a poussé les banquiers centraux, du Japon à la Suisse, à rassurer les marchés financiers sur leur capacité et leur volonté à intervenir en cas de Brexit. Dès mercredi soir, Janet Yellen, la présidente de la Fed, a déclaré qu’une sortie de l’UE «pourrait avoir des conséquences sur les conditions financières et économiques des marchés mondiaux».
La Fed ne se trouvera pas en première ligne si les Britanniques décidaient de quitter l’UE. Le résultat est attendu au petit matin le 24 juin, alors que les marchés asiatiques seront ouverts. La Banque du Japon (BoJ) pourrait donc intervenir, alors que le yen a gagné près de 6% face au dollar depuis le début du mois, s’échangeant hier jusqu’à moins de 104 yens pour un dollar. Sa réunion d’hier a entériné le statut quo, son gouverneur Haruhiko Kuroda précisant que la banque centrale n’hésiterait pas à amplifier ses politiques si besoin. Une réunion exceptionnelle de la BoJ pourrait être envisagée avant la réunion de politique monétaire des 28 et 29 juillet.
Autre banque centrale concernée, la Banque nationale suisse (BNS) a prévenu hier qu’elle se tenait prête. Le franc suisse s’est apprécié de près de 2,5% face à l’euro depuis début juin, à 1,08 pour un euro. En cas de Brexit, «des turbulences pourraient survenir et nous comptons stabiliser le marché dans cette éventualité», a expliqué hier le gouverneur de la BNS Thomas Jordan. Une intervention directe sur le marché des changes est probable. «La BNS devrait défendre férocement» le taux 1,05 franc pour un euro, estime ainsi Karsten Junius, chef économiste chez Safra Sarasin.
Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE), a averti hier des risques que le référendum pose à l’économie mondiale. La BoE a déjà engagé une opération spéciale d’apport de liquidités mardi, et deux autres sont prévues autour du 23 juin. Des lignes de swaps sont opérationnelles avec les autres banques centrales, notamment la BCE, qui pourrait d’après Reuters communiquer dès le 24 juin pour assurer de sa capacité à maintenir de la liquidité. Pour la plupart des économistes, une intervention coordonnée sur le marché des changes pourrait être envisagée dans les jours suivant un vote favorable à la sortie.
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