Les banques alertent sur l’assèchement de la liquidité

Dans un rapport discuté aujourd’hui avec les régulateurs, la profession s’inquiète des effets de la réglementation sur le marché du repo
Florence Autret, à Bruxelles

Nouvelles exigences sur les bilans bancaires, montée en puissance du post-marché dans les dérivés, développement du règlement centralisé : les transformations de l’environnement réglementaire, pourtant destinées à améliorer la sécurité du système, pourraient dérégler la circulation de la liquidité et par suite s’avérer contre-productives. Tel est le message de l’International Capital Market Association, le lobby des grands opérateurs de marché.

«Les risques systémiques résultant d’une réglementation qui inhibe la fluidité du collatéral auraient des répercussions graves et importantes, pas seulement sur les marchés financiers mais aussi pour l’ensemble de l’économie», peut-on lire dans un rapport présenté aujourd’hui à Bruxelles.

L’ICMA distingue deux types de risques. D’une part un déséquilibre entre offre et demande de liquidité. «Alors que nous entrons dans un nouveau monde, que les obligations de clearing notamment se mettent en place sur les marchés de dérivés, il est nécessaire de s’assurer qu’il y a assez de collatéral dans le système», explique Godfried De Vidts, président du groupe de travail repo du lobby.

Selon diverses études citées par l’ICMA, les besoins de collatéraux supplémentaires induits par la compensation centralisée des dérivés OTC oscillent entre 100 et 2.000 milliards de dollars. Or l’augmentation des émissions de titres souverains ou l’assouplissement des conditions de prises en pension par les banques centrales, qui tendent à accroître la disponibilité de collatéraux, sont en partie absorbées par les politiques d’assouplissement quantitatif ou la gestion des réserves de change.

D’autre part, le marché du repo s’est déjà contracté sous l’effet des ratios de liquidité et de levier. «Le marché des Bunds allemands par exemple devrait être très liquide. Mais beaucoup de ces titres restent bloqués dans le système au lieu de circuler, à cause notamment des exigences en liquidité et des besoins de collatéraux dans le système de paiement», explique Godfried De Vidts. Les bénéfices des futures règles de liquidité pourraient s’avérer limités. «Ce n’est pas tout d’avoir un coussin de liquidité, encore faut-il pouvoir l’utiliser», explique Andy Will, directeur de l’ICMA.

La Commission doit préciser d’ici à fin juin le calibrage du ratio de liquidité de court terme (LCR). Elle a aussi fait en janvier des propositions pour améliorer la transparence du prêt-emprunt de titres, à discuter dans les mois à venir.

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