Les avocats de Dewey LeBoeuf jouent leur survie

Le cabinet américain, lourdement endetté, a vu partir 67 associés en 2012 et pourrait se recentrer sur les Etats-Unis. Il compte 25 avocats à Paris
Alexandre Garabedian

Dewey & LeBoeuf, le prestigieux cabinet d’avocats américain, met désormais ses compétences en restructuration à son propre service. La firme de Wall Street, affligée par une lourde dette et par l’exode de ses associés, réfléchit à toutes les options capables d’assurer son avenir: recentrage sur les Etats-Unis, fusion, voire une faillite ordonnée (prepackaged) qui permettrait à un repreneur de racheter la société sans hériter de sa dette, indiquaient la semaine dernière The Lawyer et le Wall Street Journal.

Le cabinet paie son péché originel: la fusion, en octobre 2007, de Dewey Ballantine et de LeBoeuf, Lamb, Green & McRae. Le premier a apporté dans la corbeille de mariage sa dette et le déficit de son fonds de pension. Puis la firme, très ambitieuse dans son recrutement, aurait promis à plusieurs dizaines d’associés des rémunérations garanties. Des promesses difficiles à justifier. Largement financé par Citigroup, Dewey & LeBoeuf a en effet procédé en 2010 à un placement privé de 125 millions de dollars d’obligations, une rareté dans le monde des avocats, qui donne la priorité à la rémunération des créanciers sur celle des avocats. Or, les profits de la firme ont été revus en baisse, à 782 millions de dollars en 2011 selon le Wall Street Journal. La chute des volumes de M&A continue à peser sur l’activité en ce début d’année.

Résultat, les stars du barreau quittent le navire. A fin 2011, la firme revendiquait 1.100 avocats répartis dans 26 bureaux dans le monde, avec plus de 300 associés. Depuis le début de l’année, 67 associés ont été poussés vers la sortie ou ont claqué la porte. Une équipe de 12 spécialistes de l’assurance, un secteur où l’expertise de Dewey LeBoeuf est reconnue, a rejoint le mois dernier Willkie Farr & Gallagher. L’hémorragie de talents s’est accélérée depuis.

Ces difficultés remettent aussi en question l’avenir des bureaux du groupe hors des Etats-Unis. Un réseau international jugé de qualité, avec des positions en Russie et au Moyen-Orient, et qui pourrait intéresser d’autres cabinets d’avocats. Paris n’est pas en reste. Dewey LeBoeuf y revendique 25 professionnels du droit. Au bureau parisien du cabinet, personne n’était en mesure vendredi de faire de commentaires.

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