Les avocats de Dewey LeBoeuf jouent leur survie
Dewey & LeBoeuf, le prestigieux cabinet d’avocats américain, met désormais ses compétences en restructuration à son propre service. La firme de Wall Street, affligée par une lourde dette et par l’exode de ses associés, réfléchit à toutes les options capables d’assurer son avenir: recentrage sur les Etats-Unis, fusion, voire une faillite ordonnée (prepackaged) qui permettrait à un repreneur de racheter la société sans hériter de sa dette, indiquaient la semaine dernière The Lawyer et le Wall Street Journal.
Le cabinet paie son péché originel: la fusion, en octobre 2007, de Dewey Ballantine et de LeBoeuf, Lamb, Green & McRae. Le premier a apporté dans la corbeille de mariage sa dette et le déficit de son fonds de pension. Puis la firme, très ambitieuse dans son recrutement, aurait promis à plusieurs dizaines d’associés des rémunérations garanties. Des promesses difficiles à justifier. Largement financé par Citigroup, Dewey & LeBoeuf a en effet procédé en 2010 à un placement privé de 125 millions de dollars d’obligations, une rareté dans le monde des avocats, qui donne la priorité à la rémunération des créanciers sur celle des avocats. Or, les profits de la firme ont été revus en baisse, à 782 millions de dollars en 2011 selon le Wall Street Journal. La chute des volumes de M&A continue à peser sur l’activité en ce début d’année.
Résultat, les stars du barreau quittent le navire. A fin 2011, la firme revendiquait 1.100 avocats répartis dans 26 bureaux dans le monde, avec plus de 300 associés. Depuis le début de l’année, 67 associés ont été poussés vers la sortie ou ont claqué la porte. Une équipe de 12 spécialistes de l’assurance, un secteur où l’expertise de Dewey LeBoeuf est reconnue, a rejoint le mois dernier Willkie Farr & Gallagher. L’hémorragie de talents s’est accélérée depuis.
Ces difficultés remettent aussi en question l’avenir des bureaux du groupe hors des Etats-Unis. Un réseau international jugé de qualité, avec des positions en Russie et au Moyen-Orient, et qui pourrait intéresser d’autres cabinets d’avocats. Paris n’est pas en reste. Dewey LeBoeuf y revendique 25 professionnels du droit. Au bureau parisien du cabinet, personne n’était en mesure vendredi de faire de commentaires.
Plus d'articles du même thème
-
EXCLUSIFLe label ISR se réforme pour les fonds immobiliers
Quatre ans après le lancement de sa déclinaison pour les fonds immobiliers, le label Investissement Socialement Responsable se réforme. Le nouveau référentiel sera consultable par tous durant l'été avant sa présentation à Bercy. 170 fonds grand public sont aujourd'hui labellisés. -
Le climat des affaires s'améliore un peu en juin en France
L'indicateur est ressorti à 94 après 93 en mai. Il reste morose dans le secteur des services. -
Un rapport sort de l'ombre le coût du reporting CSRD
Le prix de l’audit vert pour les entreprises représente 6% de celui de l’audit financier traditionnel, au sein du CAC 40, selon l’enquête du cabinet Ecomètis.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
L’Iran administrera le détroit d’Ormuz affirme le négociateur en chef de la République islamique
Téhéran a assuré mardi 23 juin vouloir garder le contrôle sur le détroit d’Ormuz, malgré l’annonce par Washington d’une levée des sanctions sur le pétrole iranien -
Grand fraisPourquoi la climatisation fait chauffer les réseaux électriques
Lundi 22 juin 2026, la consommation d’électricité en France devrait atteindre 57 GW à 19 h, et restera en deçà du pic de consommation de 60 GW datant du 1er juillet 2025, rassure RTE, le gestionnaire du réseau de transport de l'électricité. -
Santé : la facture sous-estimée des vagues de chaleur à répétition
Les données parcellaires illustrent un manque de recul, mais surtout de prospective, alors que les vagues de chaleur vont devenir la norme.